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Voir également: user, nom masculin 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.
1. Ca 1100 trans. (Roland, éd. J. Bédier, 523: Il est mult vielz, si ad sun tens uset);
2. ca 1135 « se servir de » (Couronnement Louis, éd. Y. Lepage, C, 2128: Nule viande que frans hom doit user);
3. ca 1155 fig. (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 14600: L'un fel vers l'autre ust sa malice);
4. ca 1165 estorie usee « histoire rebattue » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 129);
5. 1160-74 « exercer, pratiquer (ici, un métier) » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, II, 3225);
6. 1re moit. xiiie s. (Lancelot, éd. A. Micha, t. 8, p. 71: je vous donrai chevax tant com vous en porés huimais user);
7. 1260 inf. subst. « usage, besoin » (Étienne Boileau, Métiers, éd. G.-B. Depping, p. 54).
B.
1. 1160-74 empl. abs. « se détériorer » (Wace, Rou, III, 135: huem moert, fer use);
2. 1re moit. xiiie s. trans. « détériorer (quelque chose) » (Lancelot, p. 22: comme l'iaue use la roe du molin);
3. 1530 pronom. (Palsgr., p. 780);
4. 1583 au fig. (Garnier, Les Juifves, 666 ds Tragédies, éd. W. Foerster, t. 3, p. 122: mes tremblotantes mains et mon visage usé);
5. 1601 (Charron, De la sagesse, p. 172: en vieillissant [...] avec le corps l'esprit s'use et s'empire).
C.
1. 1260 « agir d'une certaine façon, selon l'habitude, la coutume » (Étienne Boileau, op. cit., p. 143 et p. 230);
2. fin xive s. (Froissart, Chron., éd. G. Raynaud, t. 8, p. 201: comment a leur honneur il en useroient ; t. 9, p. 167: demandèrent conseil de ceste cose et comment on en pooit user).
D.
1.
a) Ca 1220 user de (Gautier de Coinci, Mir., éd. V.-F. Kœnig, II Mir 18, 216: Cielz qui volra de son savoir D'or en avant a droit user);
b) fin xive s. user de poissance, user de rebellion (Froissart, op. cit., t. 9, p. 144 et t. 10, p. 244);
2. 1464 user de beau langaige (Pathelin, éd. R. T. Holbzook, p. 24, 457);
3. 1480 user de menaces, user de grant rhetorique (G. Coquillart, Droits nouveaux ds Œuvres, éd. M. J. Freeman, p. 192, 212);
4. ca 1485 (Mystère Viel Testament, éd. J. de Rothschild, t. 5, p. 74: c'est tres mal usé de justice). Du lat. pop. usare (att. au viiie s., v. Nierm.), dér. de ūsus, part. passé de ūter, uti « faire usage de, se servir, employer », « être en relations (avec des personnes), fréquenter, traiter (d'une certaine manière, des personnes) », « pratiquer (quelque chose), s'exercer (à quelque chose) » et « profiter de, jouir de ».