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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I.
1. Fin xe s. « établir des liens affectifs entre des personnes », ici part. passé adj. (Passion, éd. d'Arco Silvio Avalle, 276: en caritad toz es uniz); 1538 unir (Est.);
2. ca 1180 « assembler, rapprocher étroitement des éléments de façon à former un tout » unir un cunte « réunir les données d'un récit » (Thomas, Tristan, éd. B. H. Wind, D, 836); ca 1200 uniz part. passé adj. (Dialogue Grégoire, éd. W. Foerster, p. 131, ligne 17);
3. 1371 « associer par un lien politique » (Lettres qui portent que le comté d'Auxerre ... sera uni à la couronne ds Ordonnances des Rois de France de la 3e race, t. 5, p. 415: nous avons Approprié, unie & annexé);
4. 1594 « associer, joindre ensemble » (P. Pithou, 61 ds Littré); 1616 [éd.] pronom. (D'Aub., Hist., II, 193, ibid.);
5. 1644 trans. « lier par le mariage » (Corneille, Rodogune, V, 3, 1592); 1669 pronom. (Racine, Britannicus, II, 2, 477);
6. 1660 « créer le rapprochement, la concorde » (Corneille, Toison d'or, 356, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. VI, 270);
7. 1727 « établir une communication entre deux choses » canaux ... qui unissent les villes entre elles (Ramsay, Voyages de Cyrus, p. 178).
II.
1. Ca 1170 uni part. passé adj. « sans variété, sans changement » sa volente est tuz jours unie (Rois, éd. E. R. Curtius, I, XV, 11, p. 29);
2.
a) ca 1480 id. « dont la surface ne présente pas d'inégalités; dont le relief ne présente aucun accident » et sur terre unie ... sommes abordez (Myst. Vieux Testament, éd. J. de Rothschild, 6127, t. 1, p. 237); d'où
b) 1567 subst. à l'uni (J. Martin, Arch. Vitruve, p. 52 v° ; les ouvriers [...] coupperent à l'uni des parois les sorgects des dictes solives);
c) 1539 unir et applanir (Est.);
3. 1640 part. passé adj. « qui n'est agrémenté d'aucun ornement » (Oudin Curiositez ; habit tout Uni, simple, sans ornement);
4. 1625 id. cheval uny (Pluvinel, L'Instruction du Roy en l'exercice de monter à cheval, Paris, M. Nivelle, p. 49);
5.
a) 1669 id. « d'humeur égale » je suis si unie, si tranquille et si reposée (Mme de Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 114);
b) 1727 « qui se comporte d'une manière naturelle, sans recherche ni affectation » le plus simple, le plus uni [des] hommes (Boissy, Le Français à Londres, p. 38);
6. 1732 « qui est d'une seule couleur » drap tout uni (Lesage, Hist. de Gil Blas, p. 548); d'où subst. 1783 l'uni « étoffe d'une seule couleur » (Mercier, Tableaux de Paris, p. 44). Empr. au lat. d'époque impériale unīre « unir », dér. de unus, v. un1 .