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Voir également: turc, turque, nom 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.
1. Subst.
a) ca 1100 Turc « habitant de la Turquie » (Roland, éd. J. Bédier, 3240: l'altre est de Turcs); av. 1453 le Grand Turc « le sultan, empereur des Turcs » (Monstrelet, Chron., III, f° 85 ds La Curne : grand Turc); 1456 (A. de La Sale, Jehan de Saintré, éd. J. Misrahi et Ch. A. Knudson, p. 216: le Grant Turcq); 1457 expr. fort comme un Turc (Bertrandon de La Broquière, Voyage d'Outremer, éd. Ch. Schefer, p. 217: il est fort comme ung Turc); 1623 expr. traiter qqn de Turc à Maure (Garasse, Doctrine curieuse des beaux-esprits de ce temps, p. 900: un usurier qui traictoit avec luy de Turc à More); 1857 tête de Turc « personne qui est la cible des railleries, des attaques » (Goncourt, Journal, p. 329); 1866 tête de Turc « sorte de dynamomètre sur lequel on s'exerçait dans les foires » (L'Année sc. et industr., 1867, p. 275 ds Rob. 1985, s.v. tête); ca 1903 jeune-turc adj. pol. (Gde Encyclop., p. 532a, s.v. Turquie : un comité jeune-turc se forma alors contre la cour); 1907 Jeune-Turc subst. (Nouv. Lar. ill. Suppl., s.v. Jeune-Turquie : le parti des Jeunes-Turcs); 1951 p. ext. (Camus, Homme rév., p. 281 [citant Lénine]: nous sommes les jeunes Turcs de la révolution);
b) 1457 subst. « langue parlée en Turquie » (Bertrandon de La Broquière, op. cit., p. 100: en celluy pays se parle Turc);
2. adj.
a) 1536 cheval turc (Rabelais, Lettre à Mgr de Maillezais ds Œuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 3, p. 365: quelques chevaulx Turcs);
b) 1537 loc. à la turque (B. des Périers, Cymbalum Mundi, dialogue 2 ds Œuvres, éd. L. Lacour, t. 1, p. 339: acoustrer à la Turque);
c) 1694 brod. point à la turque (Invent. du château d'Humières ds Havard); 1765 point turc (Encyclop. t. 12, p. 875b);
d) 1762 assis à la turque (Ch. S. Favart, Les Trois sultanes, éd. 1809, p. 191: Soliman et Elmire sont assis à la turque);
e) 1846 café à la turque (Dumas père, loc. cit.); 1907 café turc (Farrère, Homme qui assass., p. 56);
f) 1851 bain turc (Flaub., Corresp., p. 293);
g) 1872 à la turque mus. (Littré : rondeau à la turque);
h) 1893 « se dit de cabinets d'aisance sans siège » (Eudel, Arg. St-Cyr, p. 67: Turc (le). Cabinets d'aisance des anciens); 1894 (Bricka, Cours ch. de fer, t. 1, p. 235: des sièges à la turque dans les cabinets publics pour hommes).
B. 1504-09 subst., abusivement « musulman » (Lemaire de Belges, Couronne margaritique ds Œuvres, éd. J. Stecher, t. 4, p. 47: mauvais Chrestiens ou Turcqz).
C.
1. 1697 subst. ethnol. « d'un ensemble de peuples d'Asie centrale » (D'Herbelot, Bibl. orientale, p. 487: Igur et Aigur. Nom d'une Tribu des Turcs Orientaux); 1826 adj. (Balbi, Introd. à l'atlas ethnographique du globe, p. 150: les nations turkes ; p. 155: la famille turke); 1842 (Ac. Compl. : famille turque);
2. 1820 adj. ling. (A. Remusat, Rech. sur les lang. tartares, t. 1, p. 255: dialectes Turks, langue Turke); 1842 (Ac. Compl. : langues turques). Empr. au turc türk « turc » (comme nom commun, signifie « puissance », v. Lang. Monde 1924, p. 194; Vasmer t. 3, p. 124). Les Turcs étaient connus des Chinois au vie s. sous le nom de T'ou-Kiue (prob. empr. au mongol türküt, plur. de türk, cf. Pelliot ds Lang. Monde, p. 194) et des Grecs au vie s. également Του̃ρκος (Lang. Monde 1952, p. 332).