Logo Portail
Voir également: trouble, nom masculin ou féminin 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.
1.
a) Déb. xiie s. truble « se dit d'un liquide qui n'est pas limpide » (St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 646);
b) 1580 cristal trouble (B. Palissy, Disc. admir., p. 363);
2.
a) 1376 le tans est trouble « brumeux, nuageux » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, 70, 17);
b) ca 1450-65 id. fig. (Charles d'Orléans, Rondel de Jehan Caillau, éd. P. Champion, t. 2, p. 306);
c) 1539 voir trouble « ne pas voir distinctement » (Calvin, Institution chrétienne, éd. J. D. Benoît, L. II, chap. VIII, 4, p. 136);
d) 1665 avoir la vue trouble « confuse, indistincte » (Molière, Dom Juan, II, 1).
B.
1. 1150-70 « troublé, confus, inquiet (de l'esprit) » (Jeu Adam, éd. W. Noomen, 842);
2. 1283 « qui n'est pas clair, que l'esprit ne peut appréhender avec netteté ou certitude » (Philippe de Beaumanoir, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, 1675, p. 358, var. ms. E, G, H, J, K: (paroles) troubles);
3. 1579 lieu trouble (Larivey, Jaloux, éd. Viollet-le-Duc, II, 6). Mot issu apr. métathèse du -r du lat. pop. *turbulus (cf. le lat. turbulare > fr. troubler*, le roum. turbure et des formes dial. ital.), réfection du lat. turbidus « troublé, agité, bouleversé, désemparé », d'apr. turbulentus « agité, en désordre », « turbulent, remuant, facétieux ».