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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A. Intrans.
1. 1441 traffiguer « faire un commerce lointain » (Traité d'Emmanuel Piloti, éd. P.-H. Dopp, p. 156); 1601 traffiquer « gagner de l'argent » (P. Charron, De la Sagesse, l. III, chap. 2, éd. B. de Negroni, p. 571);
2. 1461-66 trafiquer « entretenir des relations, échanger des informations » (J. de Bueil, Le Jouvencel, éd. L. Lecestre, t. 2, p. 215);
3. 1579 « avoir des relations clandestines condamnables avec quelqu'un » ici, trafiquer avec les hommes, en parlant de femmes (P. de Larivey, Les Jaloux, III, 6, éd. Viollet-le-Duc ds Anc. Théâtre fr., t. 6, p. 57).
B. Trans.
1.
a) 1545 « acheter ou vendre quelque chose » (Le Maçon, trad. Decameron, II, 4 ds Hug.);
b) 1581 « faire un commerce illicite, faire commerce de quelque chose qu'il est honteux de monnayer » (Du Bartas, La Semaine, 3e Jour, éd. K. Reichenberger, p. 74, 447: Magistrats corrompus [...] Qui Trafiquant le droit profanez vos estats); 1615 trans. indir. (J.-P. Camus, Homélie des trois simonies ds Homélies des États Généraux, éd. J. Descrains, p. 242: trafiquer des choses spirituelles);
2. 1885 fam. « faire quelque chose de plus ou moins mystérieux » (Zola, Germinal, p. 1357: Je ne sais ce qu'il trafique);
3. 1904 « soumettre quelque chose à des manipulations frauduleuses » (Nouv. Lar. ill.).
C. Pronom. réfl.
1. 1698 « faire l'objet d'un trafic » (J.-Fr. Regnard, Le Distrait, IV, 9: L'écriture est un art bien utile aux amants! Petits soins, rendez-vous [...], Tout cela se trafique avec l'écriture);
2. 1844 impers., fam. « se faire, se passer » (Balzac, Mme de la Chanterie, p. 260: Que veulent-ils de moi ici? que s'y trafique-t-il?). Empr. à l'ital. trafficare « pratiquer le cabotage » (dep. xive s., M. Villani, Boccace ds Tomm.-Bell.), aussi ital. du Nord traffigare « négocier » (1380 d'apr. DEI), empr. au cat. trafegar « transvaser, décanter », qui, de même que l'esp. tras(h)egar et le port. trasfegar « id. », est prob. issu d'un lat. vulg. *tran(s)faecare, dér. du lat. faex, faecis « lie, résidu ». Voir Y. Malkiel ds Medioevo romanzo t. 10, 1985, pp. 305-338; cf. Cort.-Zolli.