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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A. En parlant d'une pers.
1. « porter témoignage, déclarer »
a) ca 1135 intrans. (Couronnement de Louis, éd. Y. G. Lepage, réd. AB, 650: A grant merveille par fu le cheval fier, Si desraez, com j'oï tesmoignier); 1269-78 (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 8659: Si con Valerius tesmoigne); 3e tiers xiiie s. (M. von Orelli, Altfr. Bibelwortschatz Berner Cod. 28 [fol. 328 b 19], p. 380: il vos comenda a prëschier au pueple et a tesmoingner);
b) ca 1170 tesmoingnier de (aucune rien) (Chrétien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 421); 1174-87 tesmoingnier que + complét. (Id., Perceval, éd. F. Lecoy, 8186);
2. 1247, nov. « porter témoignage en justice » tiesmogniier ke + complét. (doc. Arch. Tournai ds Gdf. Compl., s.v. tesmoignage et tesmoignier);
3. ca 1590 trans. « manifester, donner des marques d'une qualité, d'un sentiment » (Montaigne, Essais, II, 29, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 708: tesmoigner plus de courage).
B. En parlant d'une chose
1. 1174-87 trans. « faire connaître, indiquer » (Chrétien de Troyes, Perceval, 2806: l'estoire ensi le tesmoingne); fin xve s. (Philippe de Commynes, Mém., éd. J. Calmette, IV, 7, t. 2, p. 41: sans le congnoistre [le roi] l'eussent jugé mal saige mais les œuvres tesmoignoient bien le contraire);
2. 1580 id. « être le signe, l'indice, le reflet de quelque chose » (Montaigne, op. cit., II, 17, p. 647: de tous les vices, je n'en trouve aucun qui tesmoigne tant de lacheté et bassesse de cœur); 1863 témoigner de (Littré, t. 1, préf., p. XVII: [les textes modernes] témoignent de l'état présent de la langue). Dér. de témoin*; dés. -er. Cf. l'a. fr. testemoignier « (en parlant d'une personne) porter témoignage, attester » (1119, Philippe de Thaon, Comput, 2810 ds T.-L.), testemoniier (1174-76, Guernes de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 2881), dér. de testemonie, testemoingne (v. témoin); cf. le lat. médiév. testimoniare « id. » (780 ds Nierm.).