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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1.
a) [Fin xie s. çoche « partie du tronc qui reste en terre après qu'on a coupé l'arbre » (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, 218)]; 1176-1181 çoche (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 290); 1178 çouche (Renart, éd. M. Roques, 13137);
b) ca 1195 gésir cume choches « demeurer dans une immobilité complète » (Ambroise, Guerre sainte, 10496 ds T.-L.); 2e moit. du xiiie s. [date ms. T] ne se movoir plus c'une choque « rester immobile » (1ère Continuation Perceval, éd. W. Roach, t. 1, p. 3774); ca 1363-64 estre comme une souche (Guillaume de Machaut, Le Livre du Voir dit, éd. P. Paris, p. 147); xive s. [date du ms.] se tenir souche « rester inerte » (Le roi d'Angleterre et le jongleur d'Ely ds Fabliaux, éd. A. de Montaiglon et G. Raynaud, t. 2, p. 253);
c) ca 1260 fig. souche « tronc d'arbre, de la racine jusqu'aux branches » (Philippe de Novare, Quatre Ages, 108 et 195 ds T.-L.);
2. 1373 choque « partie d'une cheminée qui s'élève sur le toit » (Arch. Nord, B 15279, f ° 35 v ° ); 1624 souche (Berty, Hist. gén. de Paris, Topographie hist. du vieux Paris, II, p. 216);
3.
a) 1378 [date du ms.] souche « celui de qui sort une suite de descendants, la descendance » (Le songe du vergier, éd. M. Schnerb-Lièvre, livre I, chap. CL, 14); 1611 faire souche (Cotgr.);
b) 1964 bactériol. souche microbienne (Lar. encyclop.);
4. 1808 « reste d'une feuille coupée en long » (Boiste). Mot d'orig. discutée (v. FEW t. 13, 2, p. 353). L'hyp. la plus vraisemblabe est celle de Hubschmid qui fait remonter le mot à un gaul. *tsŭkka (d'où aussi Montferrat soc, socca ; aragonais zoque), qui corresp. à l'all. Stock « bâton ». La var. coche, très répandue dans l'Ouest, est sans doute due à une très ancienne métathèse att. dès le ixe s. (Bl.-W.2-5). Le norm. chuque (1558, Poppe, Der Wortschatz des Journal des Sieur de Gouverville, p. 63) et le berrichon suche (cf. aussi piémontais süka, Engadine tschücha) s'expliquent par le fait que la voy. ŭ, tout comme dans qq. autres mots d'orig. gaul., a été traitée comme le ū lat. Le changement du Ọ en Oͅ (en partic. en Italie), est sans doute dû à l'infl. du lat. sŏccus « chaussure de bois, base, socle » phonétiquement et sémantiquement très proche de la racine *tsŭkka.