Logo Portail
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. Ca 1170 « qui observe les règles de la morale, mène une vie honnête, austère » (Rois, éd. E. R. Curtius, I, I, 16, p. 5: Ne me tenez pur fille Belial, kar sobre sui); 1197 ame sobre et chaste (Hélinant, Vers de la mort, XXXVIII, 5 ds T.-L.);
2.
a) ca 1180 « qui mange et boit avec modération » en parlant d'un aigle (Marie de France, Fables, 46, 61, ibid.); ca 1223 en parlant d'un homme (Gautier de Coinci, Miracles, éd. V. Fr. Koenig, I Mir. 36, 298, t. 3, p. 72); av. 1654 spéc. « qui ne boit pas » subst. (Guez de Balzac, Aristippe ou De la Cour, 6e discours ds Œuvres, Paris, L. Billaine, t. 2, 1665, p. 177);
b) 1310-40 vie sobre (Jean de Condé, Dits et contes, éd. A. Scheler, t. 3, p. 254: Leur sobre vie pourcaçoient, Les bons morssiaus pas ne caçoient); 1559 table sobre et simple (Amyot, trad. Plutarque, Hommes illustres, Comparaison de Simon avec Lucullus, II, éd. G. Walter, t. 1, p. 1175);
3.
a) id. « qui témoigne de la mesure, de la modération » sobre jugement (Id., op. cit., Cicéron, XXI, t. 2, p. 759);
b) 1596 « [d'une personne] qui est mesuré, modéré en quelque chose » (E. Pasquier, Rech., VI, 22 ds Gdf. Compl. : Les Espagnols ... sont sobres admirateurs d'autruy); 1671 sobre à + inf. (Pomey); 1690 sobre en + subst. (Fur.: sobre en paroles). Empr. au lat. sobrius « qui n'a pas bu, à jeun; sobre, frugal, tempérant; modéré, mesuré, rassis ».