Logo Portail
Voir également: saint, sainte, adjectif 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I. Adj.
A.
1. 2e moit. xe s. « qui est admis parmi les bienheureux, qui est canonisé par l'Église » sanct Lethgier (St Léger, éd. J. Linskill, 140); ca 1050 saint Alexis (St Alexis, éd. Chr. Storey, 507);
2. fin xe s. « souverainement pur (en parlant de Dieu ou de ce qui est en étroit rapport avec lui) » sanz spiritum (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 515); ca 1050 la sainte trinitet (Alexis, éd. cit., 549);
3. ca 1050 « se dit d'une personne qui mène une vie exemplaire sur le plan moral et religieux » saint home (ibid., 197);
4.
a) ca 1100 « sacré, ici en parlant du Paradis » seint pareis (Roland, éd. J. Bédier, 1522);
b) ca 1100 « consacré, dédié à un saint » seint Michel del Péril (ibid., 1428);
5. ca 1100 sert à désigner, associé d'un nom de saint, un jour fixé par l'Église pour honorer ce saint (la feste seint Michel, A saint Michel (ibid., 37 et 53); en partic. sert à désigner certains jours remarquables pour les festivités qui s'y déroulent ou marqués par une tradition populaire, ainsi: 1822 la saint Charlemagne (Michelet, Mémor., p. 210); 1833 à la Saint Sylvestre (Balzac, Méd. camp., p. 11); 1854 la saint Nicolas (About, Grèce, p. 454: ... les bonbons ne parviennent pas jusqu'aux villages. Saint Nicolas n'apporte rien, qu'un de ces jours de relâche... ; p. 455: ... c'était la Saint Nicolas).
B.
1. Ca 1050 « se dit de ce qui a un rapport direct avec Dieu, et qui, à ce titre est vénérable » sainte escriture (St Alexis, éd. cit., 258);
2. ca 1050 « qui a un caractère sacré » sain [t] batesma (ibid., 29); en partic. ca 1175 « ce qui, chez les catholiques, touche au mystère de l'eucharistie » saint sacrament (Benoît de Ste-Maure, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 3757);
3. ca 1050 « qui revêt un caractère vénérable » le saint Cors (St Alexis, éd. cit., 498);
4. ca 1050 « qualifie toute communauté, toute assemblée qui a la foi en Dieu » sainte eglise (ibid., 256);
5. 1re moit. xiie s. « se dit des lieux qui, pour des raisons religieuses, font l'objet d'une vénération particulière » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, XXIII, 3); en partic. ca 1208 la Terre sainte d'outremer (Villehardouin, Conquête Constantinople, éd. E. Faral, § 27);
6. xiiie s. [ms.] « qui est motivé par des considérations religieuses » (Ambroise, L'Estoire de la guerre sainte [titre]); 1585 une saincte cholere (N. Du Fail, Les Contes et discours d'Eutrapel, éd. J. Assézat ds Œuvres facétieuses, t. I, p. 227);
7. 1680 « se dit des jours de la semaine qui précèdent Pâques » semaine Sainte (Rich., s.v. semaine);
8. 1821 « qui a un caractère exceptionnel, inexplicable » une espèce de rage sainte qui n'a pas de nom (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t. 1, p. 276).
II. Subst.
1.
a) 2e moit. xe s. « personne qui, selon la religion catholique, jouit après sa mort du bonheur céleste » (St Léger, éd. cit., 2);
b) 1690 vie des Saints « ouvrage destiné à édifier les fidèles par les récits de leur vie » (Fur.);
c) 1718 fam. fêter le saint du jour (Ac.);
d) 1866 les saints de glace (Amiel, Journal, p. 288);
2.
a) ca 1280 « statue d'un saint, souvent considérée comme protectrice » (Guillaume de Saint-Pathus, Mir. Saint-Louis, éd. P. B. Fay, XXIIII, 58, p. 80);
b) ca 1500 ne sçavoir plus ... à quel sainct se vouer (Commynes, Mém., éd. J. Calmette, t. II, p. 73); 1690 il vaut mieux parler à Dieu qu'à ses saints (Fur.);
3.
a) 1456 « personne à la conduite exemplaire » (Arch. Nord B 19470, fol. 125: a cause duquel fief j'ay justice et seigneurie fonsiere ... la congnoissance du saint et du larron);
b) 1678 « se dit d'une personne qui adopte le comportement d'un saint » (La Fontaine, Le diable en enfer, 74 ds Œuvres, éd. H. Régnier, t. V, p. 470); d'où 1678-79 être un petit saint (Id., Fables, VII, I, 48, ibid., t. II, p. 98);
4. dernier tiers du xiiie s. [ms.] le saint des saints (B.N. 899, f ° 166 ds Trenel 1904, p. 331); 1845 fig. « l'endroit le plus relevé d'une maison » (Besch.); cf. 1853 (Goncourt, Journal, p. 85: la pièce mortuaire (...) était le saint des saints du journal);
5. 1827 subst. plur. « nom donné à certains puritains anglais très intransigeants au xviie s. » (Hugo, Cromwell, p. 70). Du lat. class. sanctus « sacré, inviolable, consacré » qui a pris en lat. chrét. la valeur partic. dont le sens fr. est issu.