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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.
1. Ca 1100 subst. « habitant de Rome » (Roland, éd. J. Bédier, 2923: Encuntre mei [Charlemagne] revelerunt li Seisnes [...], Romain, Puillain e tuit icil de Palerne); spéc. mil. xiiie s. Roumain « habitant de la Rome antique » (Jean de Thuin, Jules César, 4, 13 ds T.-L.); 1904 travail de Romain « travail difficile, pénible » (Nouv. Lar. ill.);
2. 1823 « claqueur dans un théâtre » (Stendhal, loc. cit.).
B.
1. 1er quart xiiie s. adj. « qui se rapporte au Saint-Siège; à la Rome moderne » (Reclus de Molliens, Charité, 7, 6 ds T.-L.: Toi cuidai en chel haut refui [Rome] Trover o le pape romain);
a) 1528 impr. lettre rommaine « caractère rond et droit » (Inventaire de Louis Royer, 104 ds Wolf (L.) Buchdruck, p. 86); 1547 subst. Romain « id. » (doc. ds E. Giraudet, Les orig. de l'impr. à Tours, ibid.);
b) 1535 Eglise Romaine (Calvin, Instit. de la religion chrestienne, Epistre au Roy, éd. J.-D. Benoît, t. 1, p. 42);
2. mil. xiiie s. « qui se rapporte à la Rome antique » l'estore romain « l'histoire romaine » (Jean de Thuin, Jules César, 2, 2 ds T.-L.); spéc.
a) 1644 vertu romaine (G. de Scudéry, Arminius ou les frères ennemis, I, 3, p. 11); 1690 beauté Romaine, visage Romain (Fur.);
b) 1657 droit romain (F. H. D'Aubignac, La Pratique du théâtre, p. 91);
c) 1676 chiffre romain (Id., Conjectures academiques, p. 22);
d) 1690 à la Romaine « à la manière, selon l'usage des Romains » (Fur.). Du lat. romanus « romain » (dér. de Roma, nom de la capitale de l'Empire Romain), qui prit aussi en lat. chrét. le sens « de l'Église romaine » (St Augustin ds Blaise Lat. chrét.). Le sens A 2 s'explique prob. par une transpos. iron. à partir de sens tels que « se dit d'un homme connu par de grands sentiments de probité et par son amour pour la patrie » (Ac. 1740; v. aussi FEW t. 10, p. 458a). B 1 a désigne un type de caractère utilisé d'abord à Rome en 1467 par Sweynheim et Pannartz (v. Wolf (L.) Buchdruck, pp. 84-86).