I. Trans.
A. 842 returnar « détourner (quelqu'un de quelque chose) » (Serments de Strasbourg ds Bartsch Chrestomathie 1908, n ° 2, 19: si io returnar non l'int pois).
B.
1.
a) Ca 1165 retorner « renvoyer, rendre » (Troie, éd. L. Constans, 27011: qu'il retorna sa fille ariere);
b) 1832 « renvoyer, réexpédier » (Balzac, Corresp., p. 135: il faut me retourner le manuscrit);
2. 1170-83 « orienter, diriger dans un sens opposé » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, III, 2844: returné vers vostre vis);
3.
a) xive s. [ms.] « utiliser (ses propres armes) contre quelqu'un » (Psautier [Mazarine 258], f ° 64 ds Littré : Sire Dieux, retorne à mes anemis leur maus [Ps. 53, 7]); 1466 (Henri Baude, Vers, éd. J. Quicherat, p. 28: ses coups on luy retourne);
b) av. 1564 « répliquer à quelqu'un en utilisant ses arguments, ses critiques, etc. » (Calvin, s. réf. ds Dochez : nous retournerons leur argument contre eux-mesmes); 1563 (Ronsard, Responce, 640 ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 11, p. 149); 1662 (A. Arnauld et P. Nicole, Log., p. 286: retourner [un dilemme]);
c) 1872 iron. (Flaub., Corresp., p. 339: te retourner ton aimable mot); 1918 retourner le compliment (Maurois, Sil. Bramble, p. 31);
d) 1878 fam. (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 17: Retourner atout, donner une gifle); 1964 retourner une gifle (Lar. encyclop.).
C.
1.
a) Déb. xiiie s. retourner qqn « le faire changer d'avis » (Vie des Pères, ms. Lyon, 772, Bullet. A. T., 1885, p. 79 ds Gdf. Compl.);
b) fin xve s. fig. retourner sa robe « changer d'opinion, de parti » (J. Molinet, Chron., éd. G. Doutrepont et O. Jodogne, t. 2, p. 215); 1870 retourner sa veste (Zola, La Fortune des Rougon, ch. IV, in Le Siècle, 21 juill., p. 1 ds Quem. DDL t. 16);
c) 1862 retourner la situation (Hugo, Misér., t. 1, p. 112);
2.
a) déb. xive s. « tourner à l'envers » (De la damoisele qui n'ot parler, 52 ds J. Rychner, Contribution à l'ét. des fabliaux, t. 2, p. 122: sa busche au soloil retorne);
b) 1680 « tourner (une carte) pour qu'on en voie la figure » (Rich.); 1680 retourner de pique (ibid.); 1718 qu'est-ce qui retourne? il retourne cœur (Ac.); 1739 fig. de quoi il retourne « de quoi il est question » (Caylus, Écosseuses ds Œuvres badines, t. 10, p. 587);
3.
a) fin xive s. « mettre sens dessus dessous » (Froissart, Chron., éd. G. Raynaud, t. 11, p. 73: la ville retourner toute che desoulx deseure), attest. isolée; à nouv. 1822 (Delacroix, Journal, t. 1, p. 18: une idée [...] retourne les résolutions);
b) 1660 retourner la terre (Oudin Fr.-Esp. ds FEW t. 13, p. 64a);
c) 1761 retourner la salade (J.-J. Rousseau, Nouvelle Héloïse, VI, 2, éd. H. Coulet, Bibl. Pléiade, p. 644);
4. 1560 « modifier (un mot) par la permutation de ses éléments » (Ronsard, Continuation des Amours ds Œuvres, t. 7, p. 123, var.);
5. 1851 fam. « bouleverser, causer une violente émotion à » (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 5, p. 132); av. 1860 (Scribe, s. réf. ds Dochez : votre récit m'a tout retourné).
D.
1. Ca 1320 « tourner dans tous les sens » (Watriquet de Couvin, Dits, éd. A. Scheler, p. 74, 26: Fortune [...] le plus haut tourne et retourne);
2. fin xive s. fig. « revenir sur, examiner, débattre » (Froissart, op. cit., p. 104: pluiseurs parolles retournées); 1573 (Garnier, Hippolyte, éd. W. Foerster, 1571: Elle tourne et retourne en elle Mainte mensongere cautelle).
II. Pronom.
A.
1.
a) fin xe s. « repartir, s'en aller » (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 422: cum se retornent);
b) ca 1050 (Alexis, éd. Chr. Storey, 120: s'en returnerent);
2. 1130-40 « tourner la tête, faire demi-tour » (Wace, Ste Marguerite, éd. E. A. Francis, 401: au deable se retorna);
3. 1188 « changer de position » (Aimon de Varenne, Florimont, éd. A. Hilka, 7733 ds T.-L., 1151: El lit se viret et retorne).
B.
1. Ca 1200 au fig. « se rapprocher de nouveau de quelqu'un » (Poème moral, éd. A. Bayot, 910: de tot vostre cuer a moi [Dieu] vos returneiz);
2. 1407-27 « changer d'opinion, de parti » (P. de Fenin, Mém., éd. E. Dupont, 1413 ds Littré);
3.
a) 1563 se retourner contre « lutter contre » (Palissy, Recepte, Dédicace, éd. A. France, p. 15), attest. isolée; à nouv. 1794 (Staël, Lettres L. de Narbonne, p. 217);
b) 1804 se retourner contre « retomber sur, être néfaste à (sujet inanimé) » (Constant, Journaux, p. 75);
4. 1723 « s'adapter à des circonstances nouvelles, prendre d'autres dispositions » (Marivaux, Spectateur fr., XIX, éd. F. Deloffre et M. Gilot, p. 219: une femme se retourne comme elle peut dans ces occasions-là);
5.
a) 1834 « regarder en pensée ce qui a été accompli, vécu » (Musset, On ne badine pas, p. 50: on se retourne pour regarder en arrière);
b) 1835 « redescendre en soi-même, se replier sur soi-même » (Vigny, Chatterton, p. 235: [le grand écrivain] se tait [...] se retourne sur lui-même).
III. Intrans.
A.
1. ca 1100 returner « aller de nouveau (où on est déjà allé) » (Roland, éd. J. Bédier, 1060);
2. ca 1160 retorner « revenir sur ses pas, aller en arrière » (Eneas, éd. J. J. Salverda de Grave, 208);
3. ca 1170 « aller au lieu d'où l'on est venu, où l'on devrait être normalement » (Chrétien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 2229: qu'au plus tost qu'il porra retort);
4. 1276 « (en parlant de quelque chose) être restitué à, redevenir la propriété de » (Hist. de Bourgogne, II, 44 ds Gdf. Compl. : li heritages [...] retorneroit [...] a Robert).
B.
1. Ca 1180 « retrouver son état initial, revenir à un stade antérieur » (Marie de France, Fables, éd. K. Warnke, p. 249, 80: Or me covient a returner E rencliner a ma nature);
2.
a) ca 1180 « se remettre (à une activité), adopter de nouveau (une croyance, un comportement) » (Id., ibid., p. 82, 59: voldreit a lui [sun malvais us] returner);
b) ca 1200 « se convertir, revenir à (Dieu) » (Poème moral, éd. A. Bayot, 921: a Deu returneir);
3.
a) ca 1200 « aborder de nouveau (un sujet dont on s'était éloigné) » (ibid., 475: a ce dont voliens dire tens est de returner); ca 1230 (Fille du Comte de Ponthieu, réd. remaniée, éd. C. Brunel, SATF, p. 50: retournerons a parler de la Mulaine); ca 1480 retournons à nos moutons (v. mouton);
b) 1376 « recommencer à, faire de nouveau » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, § 97, 98: retourne à lui donner plume). Dér. de tourner* ; préf. re-*.
A. 842 returnar « détourner (quelqu'un de quelque chose) » (Serments de Strasbourg ds Bartsch Chrestomathie 1908, n ° 2, 19: si io returnar non l'int pois).
B.
1.
a) Ca 1165 retorner « renvoyer, rendre » (Troie, éd. L. Constans, 27011: qu'il retorna sa fille ariere);
b) 1832 « renvoyer, réexpédier » (Balzac, Corresp., p. 135: il faut me retourner le manuscrit);
2. 1170-83 « orienter, diriger dans un sens opposé » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, III, 2844: returné vers vostre vis);
3.
a) xive s. [ms.] « utiliser (ses propres armes) contre quelqu'un » (Psautier [Mazarine 258], f ° 64 ds Littré : Sire Dieux, retorne à mes anemis leur maus [Ps. 53, 7]); 1466 (Henri Baude, Vers, éd. J. Quicherat, p. 28: ses coups on luy retourne);
b) av. 1564 « répliquer à quelqu'un en utilisant ses arguments, ses critiques, etc. » (Calvin, s. réf. ds Dochez : nous retournerons leur argument contre eux-mesmes); 1563 (Ronsard, Responce, 640 ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 11, p. 149); 1662 (A. Arnauld et P. Nicole, Log., p. 286: retourner [un dilemme]);
c) 1872 iron. (Flaub., Corresp., p. 339: te retourner ton aimable mot); 1918 retourner le compliment (Maurois, Sil. Bramble, p. 31);
d) 1878 fam. (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 17: Retourner atout, donner une gifle); 1964 retourner une gifle (Lar. encyclop.).
C.
1.
a) Déb. xiiie s. retourner qqn « le faire changer d'avis » (Vie des Pères, ms. Lyon, 772, Bullet. A. T., 1885, p. 79 ds Gdf. Compl.);
b) fin xve s. fig. retourner sa robe « changer d'opinion, de parti » (J. Molinet, Chron., éd. G. Doutrepont et O. Jodogne, t. 2, p. 215); 1870 retourner sa veste (Zola, La Fortune des Rougon, ch. IV, in Le Siècle, 21 juill., p. 1 ds Quem. DDL t. 16);
c) 1862 retourner la situation (Hugo, Misér., t. 1, p. 112);
2.
a) déb. xive s. « tourner à l'envers » (De la damoisele qui n'ot parler, 52 ds J. Rychner, Contribution à l'ét. des fabliaux, t. 2, p. 122: sa busche au soloil retorne);
b) 1680 « tourner (une carte) pour qu'on en voie la figure » (Rich.); 1680 retourner de pique (ibid.); 1718 qu'est-ce qui retourne? il retourne cœur (Ac.); 1739 fig. de quoi il retourne « de quoi il est question » (Caylus, Écosseuses ds Œuvres badines, t. 10, p. 587);
3.
a) fin xive s. « mettre sens dessus dessous » (Froissart, Chron., éd. G. Raynaud, t. 11, p. 73: la ville retourner toute che desoulx deseure), attest. isolée; à nouv. 1822 (Delacroix, Journal, t. 1, p. 18: une idée [...] retourne les résolutions);
b) 1660 retourner la terre (Oudin Fr.-Esp. ds FEW t. 13, p. 64a);
c) 1761 retourner la salade (J.-J. Rousseau, Nouvelle Héloïse, VI, 2, éd. H. Coulet, Bibl. Pléiade, p. 644);
4. 1560 « modifier (un mot) par la permutation de ses éléments » (Ronsard, Continuation des Amours ds Œuvres, t. 7, p. 123, var.);
5. 1851 fam. « bouleverser, causer une violente émotion à » (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 5, p. 132); av. 1860 (Scribe, s. réf. ds Dochez : votre récit m'a tout retourné).
D.
1. Ca 1320 « tourner dans tous les sens » (Watriquet de Couvin, Dits, éd. A. Scheler, p. 74, 26: Fortune [...] le plus haut tourne et retourne);
2. fin xive s. fig. « revenir sur, examiner, débattre » (Froissart, op. cit., p. 104: pluiseurs parolles retournées); 1573 (Garnier, Hippolyte, éd. W. Foerster, 1571: Elle tourne et retourne en elle Mainte mensongere cautelle).
II. Pronom.
A.
1.
a) fin xe s. « repartir, s'en aller » (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 422: cum se retornent);
b) ca 1050 (Alexis, éd. Chr. Storey, 120: s'en returnerent);
2. 1130-40 « tourner la tête, faire demi-tour » (Wace, Ste Marguerite, éd. E. A. Francis, 401: au deable se retorna);
3. 1188 « changer de position » (Aimon de Varenne, Florimont, éd. A. Hilka, 7733 ds T.-L., 1151: El lit se viret et retorne).
B.
1. Ca 1200 au fig. « se rapprocher de nouveau de quelqu'un » (Poème moral, éd. A. Bayot, 910: de tot vostre cuer a moi [Dieu] vos returneiz);
2. 1407-27 « changer d'opinion, de parti » (P. de Fenin, Mém., éd. E. Dupont, 1413 ds Littré);
3.
a) 1563 se retourner contre « lutter contre » (Palissy, Recepte, Dédicace, éd. A. France, p. 15), attest. isolée; à nouv. 1794 (Staël, Lettres L. de Narbonne, p. 217);
b) 1804 se retourner contre « retomber sur, être néfaste à (sujet inanimé) » (Constant, Journaux, p. 75);
4. 1723 « s'adapter à des circonstances nouvelles, prendre d'autres dispositions » (Marivaux, Spectateur fr., XIX, éd. F. Deloffre et M. Gilot, p. 219: une femme se retourne comme elle peut dans ces occasions-là);
5.
a) 1834 « regarder en pensée ce qui a été accompli, vécu » (Musset, On ne badine pas, p. 50: on se retourne pour regarder en arrière);
b) 1835 « redescendre en soi-même, se replier sur soi-même » (Vigny, Chatterton, p. 235: [le grand écrivain] se tait [...] se retourne sur lui-même).
III. Intrans.
A.
1. ca 1100 returner « aller de nouveau (où on est déjà allé) » (Roland, éd. J. Bédier, 1060);
2. ca 1160 retorner « revenir sur ses pas, aller en arrière » (Eneas, éd. J. J. Salverda de Grave, 208);
3. ca 1170 « aller au lieu d'où l'on est venu, où l'on devrait être normalement » (Chrétien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 2229: qu'au plus tost qu'il porra retort);
4. 1276 « (en parlant de quelque chose) être restitué à, redevenir la propriété de » (Hist. de Bourgogne, II, 44 ds Gdf. Compl. : li heritages [...] retorneroit [...] a Robert).
B.
1. Ca 1180 « retrouver son état initial, revenir à un stade antérieur » (Marie de France, Fables, éd. K. Warnke, p. 249, 80: Or me covient a returner E rencliner a ma nature);
2.
a) ca 1180 « se remettre (à une activité), adopter de nouveau (une croyance, un comportement) » (Id., ibid., p. 82, 59: voldreit a lui [sun malvais us] returner);
b) ca 1200 « se convertir, revenir à (Dieu) » (Poème moral, éd. A. Bayot, 921: a Deu returneir);
3.
a) ca 1200 « aborder de nouveau (un sujet dont on s'était éloigné) » (ibid., 475: a ce dont voliens dire tens est de returner); ca 1230 (Fille du Comte de Ponthieu, réd. remaniée, éd. C. Brunel, SATF, p. 50: retournerons a parler de la Mulaine); ca 1480 retournons à nos moutons (v. mouton);
b) 1376 « recommencer à, faire de nouveau » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, § 97, 98: retourne à lui donner plume). Dér. de tourner* ; préf. re-*.