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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I.
A.
1. Fin xiie s. « papier parchemin roulé contenant quelque chose d'écrit » (Orson de Beauvais, 2531 ds T.-L.);
2. xiiie s. rolle « liste; énumération détaillée » (La Résurrection du Sauveur ds P. Studer, E. G. R. Waters, Historical French Reader, p. 319, 77); d'où
a) 1474 rooles particuliers des assietes des paroisses (Ordonnance des rois de France, XVIII, 43 ds Bartzsch);
b) 1728, 18 déc; mar. rôle d'équipage (Déclaration royale, art. 7 d'apr. Lar. 19e); 1792 rôle (Romme, Dictionnaire de la marine française d'apr. Jal.1 );
3. 1453, avr. dr. « liste sur laquelle on inscrit les causes dans l'ordre où elles doivent se plaider » (Isambert, Rec. gén. des anc. lois fr., t. 9, p. 225); id. a son tour de rolle « quand le tour d'une affaire inscrite au rôle est venu » (Id., ibid., p. 222); 1478-80 a tour de roulle « chacun son tour » (Guillaume Coquillart, Le Plaidoyé, 387, éd. M. J. Freeman, p. 29).
B.
1. 1538 roule « personnage représenté par un acteur » (Est.);
2. 1580 « ce qu'on a à réciter dans un drame » (Montaigne, Essais, I, 14, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, 55);
3. p. anal. id. jouer son role « part prise dans une affaire » (Id., ibid., 56); 1694 jouer un grand rôle (Ac.).
II. 1681, 22 juill. « pelote de tabac en forme de rouleau » (Ordonnance ds DG). Empr. au lat. médiév. rollus « rouleau; parchemin roulé » (1105, Hariulf ds Du Cange, t. 7, p. 224c; 1162 ds Latham) forme corresp. au lat. tardif rotulus « petite roue », dimin. de rota (v. roue). En a. et m. fr. normalement role/rolle et aussi rosle/roul(l)e; roole dep. 1285 ds Bevans, The old French vocabulary of Champagne, p. 91 d'où la graph. rôle dep. 1550, Du Bellay, L'Olive, préf., 2e éd., éd. H. Chamard, I, 17.