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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.
1.
a) 1213 poeme «ouvrage de poésie en vers, d'un auteur latin» (Faits des Romains, éd. L. F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, p.724, 22); 1370 «ouvrage de poésie» (Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, p.474: leur poëmes ou dictes);
b) 1903 poème à forme fixe (Nouv. Lar. ill.);
2. 1549 poëme «ouvrage en vers d'une assez grande étendue» (Du Bellay, Deffence et illustration de la lang. fr., éd. H. Chamard, p.131, 42);
3.
a) 1716 p.ext. poëme en prose (La Motte, Réflexions sur la crit., p.129: Personne ne nie que les avantures de Télémaque ne soient un Poëme en prose);
b) 1761 «toute oeuvre littéraire d'inspiration poétique» (Diderot, Éloge de Richardson ds OEuvres esthétiques, éd. P. Vernière, p.44);
4. 1812 «livret versifié d'un opéra» (Jouy, Hermite, t.2, p.18).
B.
1.
a) 1765 poëme lyrique (Encyclop.);
b) 1872 poème symphonique (Saint-Saëns d'apr. Rob., s.v. symphonique); 1873 (Lar. 19e, s.v. Liszt);
2. 1830 «toute oeuvre d'art non littéraire ayant des qualités poétiques» (Chênedollé, Journal, p.132: un palais, une église, une cathédrale est un grand poème...).
C.
1.
a) [1810 «réalité naturelle empreinte de poésie» (Staël, Allemagne, t.4, p.269: l'univers ressemble plus à un poëme qu'à une machine)]; 1814 (Bern. de St-P., Harm. nat., p.127: la nature offre à l'homme un poëme bien plus étendu que celui de l'Énéide);
b) 1831 le poème de... «l'objet poétique constitué par» (Balzac, Proscrits, p.21: tout un poëme de malheurs);
2. 1830 «chose ou personne extravagante, bizarre» (Id., OEuvres div., t.2, p.183: ces femmes [élégantes] ... sont tout un poëme). Empr. au lat. poema «poème, ouvrage de vers; poésie» et celui-ci au gr. ποίημα «ce que l'on fait, d'où: oeuvre, ouvrage manuel; création de l'esprit, invention, en partic. ouvrage de poésie, poème», dér. de ποιέω «fabriquer, faire; créer; composer un poème» (cf. élém. formant -pée ds Cottez).