Logo Portail
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A. Démêler à l'aide d'un peigne
1. 1176-81 réfl. soi paignier (Chrétien de Troyes, Chevalier à la charrette, éd. M. Roques, 1355, ms. de base, copie Guiot, 2e quart xiiie s.); fin xiie s. [ms.] pinier sun chief (Brut, ms. de Munich, 3905 ds T.-L.);
2. 1174-87 paingnier «étriller (un cheval)» (Chrétien de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, 3462, ms. de base, copie Guiot);
3. id. «carder une fibre textile» paignier dras (Id., op.cit., 5705); 1243 Champagne piniier la laine (doc. ds Gdf. Compl.); 1250 Douai (doc. ds G. Espinas et H. Pirenne, Doc. rel. industr. drap en Flandre, II, 3120 d'apr. de Poerck t.2, p.153); xive s. Béthune drap pigniés (id. ds Id., op. cit., I, 3335, ibid., p.152); 1671 chanvre peigné (Pomey); 1690 laine peignée (Fur.), cf. Encyclop. t.9, p.198a; 1845 peigné part. passé subst. «quantité de textile mise par un ouvrier sur son peigne» (Besch.); 1874 «tissu de laine peignée» (Lar. 19e);
4. fig.
a) 1er quart xiiie s. (Renclus de Molliens, Carité, 170, 5 ds T.-L.: Ne me pigniés pas a envers Ne le droit poil ne reversés);
b) ca 1590 «arranger, travestir» (Montaigne, Essais, I, XXX, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p.200: La sagesse humaine...faict industrieusement ses artifices à nous peigner et farder les maux); 1690 «rendre propre et ajusté» jardin bien peigné (Fur.).
B. Battre ca 1200 trans. pignier (Renart, éd E. Martin, XI, 1311 ms. de base A [xiiie s.], et leçon du ms. H [fin xiiie s.]: Az denz le pigne et house et hape); ca 1230 id. (Eustache le Moine, 1093 ds T.-L.); 1640 réfl. (Oudin Curiositez), v. aussi Quem. DDL t.2; 1808 part. passé subst. se donner une bonne peignée (Hautel). Du lat. pectinare «peigner (les cheveux)»; «herser (pectinare segetem)».