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Voir également: passer, nom masculin 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A. Intrans.
1. ca 1050 passer «traverser un lieu» (Alexis, éd. Chr. Storey, 517); 1370-72 au fig. passer outre «cesser de traiter un sujet» (Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, t.1, p.184);
2. ca 1050 «s'écouler (du temps)» (Alexis, 51);
3. ca 1165 passer de ceste vie «trépasser» (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 4091);
4. ca 1220 «être agréé, convenir» (Simon, Trois Ennemis de l'Homme, 3295 ds T.-L.);
5. 1500 (Intern. Consol., III, XIII ds Gdf. Compl. : Tous les sainctz de Paradis sont passez par temptacions);
6. fin xve s. «s'effacer, s'altérer» (Guillaume Coquillart, Complaincte de Eco ds OEuvres, éd. M. J. Freeman, p.115);
7. [fin xiiie s. soi passer pour «être considéré comme» (Sone de Nansai, 20478 ds T.-L.)] 1604 passer pour (Montchrestien, David, Tragédies, éd. L. Petit de Julleville, p.208);
8. 1655 y passer «subir (une peine, un châtiment, la mort)» (Molière, L'Estourdy, éd. R. Bray, acte II, scène 3).
B. Trans.
1. ca 1050 (Alexis, 515: le saint cors ne pourent passer ultra);
2. ca 1100 p.anal. temporel (Roland, éd. J. Bédier, 816: le jur passerent Franceis a grant dulur);
3.
a) ca 1100 «dépasser» (ibid., 524: Men escient dous cenz anz ad passet);
b) ca 1120 «aller au-delà (de la vue)» (St Brendan, éd. I. Short et B. Merrilees, 1652);
4. ca 1100 «faire traverser» (Roland, 1272: Sun bon espiet (...) par mi le corps li passet);
5. ca 1120 «subir, supporter» (St Brendan, 574);
6. 1130 «ne pas tenir compte de» (Lois de Guillaume, éd. J. E. Matzke, 4);
7. 1130-40 «surpasser» (Wace, Vie de Sainte Marguerite, ms. A, éd. E. A. Francis, 452);
8. ca 1245 «omettre» (Saint Auban, 1355 ds T.-L.);
9. ca 1330 passer souz silence (Girart de Roussillon, éd. E. B. Ham, 5507);
10. fin xive s. «frotter quelque chose sur quelque chose» (Froissart, Chroniques, éd. Luce, t.2, p.171); 1694 en partic. «affiler (un couteau)» (Ac.);
11. ca 1393 «tamiser» (Ménagier de Paris, éd. G. E. Brereton et J. M. Ferrier, p.131); 1530 en parlant de substances liquides (Palsgr., p.738);
12. fin xive s. passer un traictié (Froissart, Chroniques, éd. G. Raynaud, t.9, p.87);
13. ca 1450 maître passé (Mistère du Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 8730);
14. 1549 laisser passer une chose comme qui ne la voiroit point (Est.); 1580 passe! (Montaigne, Essais, I, 27, éd. P. Villey, p.181);
15. 1588 «satisfaire (une envie)» (Id., ibid., III, 6, p.899);
16. 1677 qui passe perd (Mme de Sévigné, Lettres, éd. M. Monmerqué, t.5, p.163); 1608 jeux (C.Oudin, Dialogues fort plaisans, p.63 ds Quem. DDL t.21);
17. 1690 passer debout (de marchandises) (ibid.);
18. 1684 passer en compte (Mme de Sévigné, op. cit., t.8, p.85).
C. Pronom.
1.
a) 1176-84 se passer de qqc. «se contenter de» (Gautier d'Arras, Ille et Galeron, éd. F. A. G. Cowper, 1228), également se passer à dans ce sens, att. jusqu'au mil. xviie s., v. J. Orr, R. Ling. rom., t.20, pp.21-40;
b) fin xive s. se passer bien de qqc. «ne pas regretter l'absence de» (Froissart, Chroniques, éd. G.Raynaud, t.9, p.124);
2. fin xive s. (Id., ibid., t.10, p.291: ceste cose se passa);
3. ca 1450 (Mistère du Viel Testament, 9225: la douleur tost se passera).
D. Part. prés.
1.
a) ca 1250 subst. «personne qui passe à un endroit» (Vie de St Jean l'Aumônier, éd. K. Urwin, t.1, p.88, vers 3024);
b) 1345 «celui qui passe» (Archives de Reims, éd. P. Varin, t.2, p.971);
2. 1347 «anneau de boucle de ceinture» (Inv. de J. de Presles, Bibl. de l'Ec. des ch., XXXIX, 91 ds Gdf.);
3. 1464 adj. «où l'on passe» (A. Seine-Inférieure, G 3839 ds Gdf. Compl. : chemins passans). Du lat. vulg. *passare «traverser», dér. de passus «pas» (v. ce mot), cf. ital. passare, prov. pasar, esp. pasar, port. passar, v. REW3, n° 6267.