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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I.
1. Fin xe s. perdoner vida a «faire grâce, laisser la vie à (quelqu'un qui était condamné à mort)» (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 223);
2. fin xe s. «remettre à quelqu'un (la punition d'un péché)» (ibid., 307: tu nos perdone celz pecaz);
3. 1100 «tenir une offense comme non avenue» (Roland, éd. J. Bédier, 2005: Ferut vos ai, car le me pardunez);
4. mil. xvie s. formule de politesse (Yver, Le Printemps, Troisiesme histoire ds Conteurs français du XVIe s., éd. La Pléiade, p.1197: pardonnez moy si je ne peus mentir); 1694 vous êtes tout pardonné «terme de civilité par lequel on répond à quelqu'un qui s'excuse d'une liberté qu'il a prise» (Ac.);
5. 1573 «épargner» (Larivey, Straparole, 2e nuict, V ds Gdf. Compl.);
6. 1616-20 «excuser, juger avec indulgence» (A. D'Aubigné, Histoire Universelle, VII, 23, éd. De Ruble, V, p.39);
7. 1693 «voir sans dépit chez quelqu'un» (Racine, Phèdre, II, 5).
II. Verbe pronom.
1. 1520 «se ménager» (G. Michel, trad. Suétone, III, 107v° ds Hug. : Pardonne toy, mon amy Tibere, pardonne toy et faictz prudentement tes affaires);
2. 1606 «être pardonnable» (Nicot : Peine qui ne se pardonne point quelque prière qu'on face);
3. 1668 verbe réfl. (La Fontaine, Fables, I, VII, éd. H. Régnier, I, p.79: Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes). Du lat. tardif perdonare (att. une seule fois dans l'Esope de Romulus [entre 350 et 500], éd. Thiele, p.157 d'apr. FEW t.8, p.231a, v. aussi Ern.-Meillet, p.179a).