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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A. xiiie s. masc. anglo-norm. paragone «pierre de touche (?)» (Lapidaire de pierres gravées, 2e version, XXXIII et XXXV ds Anglo-norman lapidaries, éd. P. Studer et J. Evans, p.292).
B.
1. xve s. au fém. paragonne «modèle, type accompli» (Chansons du XVe s., éd. G. Paris, p.104, CVII, 4); 1489-94 au masc. paragon (O. de Saint-Gelais, Sejour d'honneur, éd. J. A. James, 47); 1504 parangon (J. Lemaire de Belges, La Couronne margaritique ds OEuvres, éd. J. Stecher, t.3, p.105);
2. 1538 joaill. «pierre particulièrement belle» (doc. ds Comptes des bâtiments du roi, éd. L. de Laborde, t.2, p.241: un parangon de turquoise);
3. 1540 parangon «chose comparable» (lettre du 2 févr. ds Négociations de la France dans le Levant, éd. E. Charrière, t.1, p.466); 1546 en paragon «en comparaison» (Rabelais, Tiers Livre, éd. M. A. Screech, chap. 27, p.194);
4. 1562 typogr. (doc. d'Anvers ds Wolf (L.) Buchdruck, p.117);
5. 1611 parangon, paragon «pierre de touche» (Cotgr.). Empr. à l'ital. paragone, att. au sens de «pierre de touche» dep. fin xiiie s. (paragono, Cecco Angiolieri d'apr. DEI ; paragone dep. le xive s.), «modèle» dep. 1516 (l'Arioste), «comparaison» dep. déb. xvie s. (Castiglione ds Tomm.-Bell.), déverbal de paragonare «comparer; éprouver avec la pierre de touche» (dep. xive s., Pétrarque d'apr. DEI), du gr. παρακοναν «aiguiser» (v. DEI et Cor.-Pasc.); le subst. gr. médiév. παρακόνη (Bl.-W.1-5, EWFS2, FEW t.7, p.619a) ne semble pas att. La forme parangon est empr. à l'esp. parangón (att. dep. 1517, Torres Naharro d'apr. Cor.-Pasc. ; lui-même empr. à l'ital. paragone) plutôt qu'à l'ital. parangone qui ne semble pas att. anciennement; Tomm.-Bell. met en doute l'authenticité de cette forme chez Le Tasse, et DEI donne la forme ital. parangone comme empr. à l'esp.