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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1.
a) Ca 1225 «jeune valet» (Gautier de Coinci, Miracles Nostre-Dame, éd. V. F. Koenig, II Chast 10, 12);
b) 2e moitié xive s. «jeune garçon, généralement de famille noble, attaché au service d'un prince, d'un seigneur» (Jean d'Outremeuse, Geste de Liège, 26297 ds A. Scheler, Gloss. philol.); 1456 estre hors de paige «être en âge de cesser d'être page» (A. de La Sale, Jehan de Saintré, éd. J. Misrahi et Ch. A. Knudson, p.65); 1532 au fig. être hors de page «être affranchi de toute dépendance» (Rabelais, Pantagruel, Prol., éd. V. L. Saulnier, p.7);
2. 1847 mode page-agrafe (J. femmes, loc. cit.); 1868 page (Littré);
3. 1874 vén. «jeune cerf dont un vieux s'accoste pour donner le change» (Lar. 19e). Orig. incertaine. Un empr. à l'ital. paggio (dep. 2e moitié du xive s., Filippo Villani ds Tomm.-Bell.), qui serait issu du gr. παιδίον par l'intermédiaire d'une forme romanisée páidiu (Diez3 p.232; Bl.-W.4-5 ; FEW t.7, p.475a) fait difficulté en raison de l'antériorité du mot fr. (cf. aussi angl. page, dep. 1300 d'apr. NED, empr. au fr.). F. Holthausen (ds Anglia, Beiblatt t.14, p.336), suivi par DEI, propose comme étymon le lat. pathicus «sodomite passif» (ds OLD), lui-même empr. au gr. (v. Liddell-Scott), mais cette hyp. fait difficulté du point de vue hist. (v. REW3 n° 6150 et Cor.-Pasc., s.v. paje). L. Spitzer (ds Z. rom. Philol. t.42, pp.340-342) propose un lat. *pagicus «paysan» (dér. de pagus) mais cette hyp. ne convient ni du point de vue sém. (v. FEW, loc. cit.) ni du point de vue phonét. (v. Cor.-Pasc., loc. cit.); un lat. vulg. *pageus, lui aussi dér. de pagus (C. A. Rice ds Language t.9, pp.309-310) est tout aussi invraisemblable.