A.
1.
a) Fin xe s. obrir «faire que ce qui était fermé ne le soit plus» (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 324); ca 1100 «déplacer ce qui empêche le libre passage» (Roland, éd. J. Bédier, 2258: De pareïs li seit la porte uverte !); 1re moitié xiiie s. «donner accès à» (Guillaume de Palerne, 5091 ds T.-L.: la fenestre..., Qui desor le vergier ouvroit); ca 1485 «rendre accessible» (Myst. du V. Testament, éd. J. de Rothschild, 17684: nous avons boutique ouverte); id. (ibid., 18301: A tous universellement Ouvre les biens de son hostel);
b) fig. 1275-80 «découvrir» (Rose, éd. F. Lecoy, 7148); 1461 «rendre capable de pénétration» (Villon, Testament, éd. J. Rychner et A. Henry, 95: Travail... M'ouvrist plus que tous les commens d'Averroys sur Aristote); xive s. [date ms.] ouvrir la voie (Jean de Meun, Test., Vat. Chr. 367, f° 3a ds Gdf. Compl.);
2. ca 1100 «rendre accessible en écartant les éléments» (Roland, 2285: (Uvrit les oilz); 1280 donner a borse overte «donner sans compter» (Clef d'amour, éd. A. Doutrepont, 1485); 1280 d'une lettre (ibid., 697); 1306 «desserrer les rangs d'un groupe» (Guillaume Guiart, Royaux Lignages, éd. de Wailly et Delisle, 14169);
3. ca 1100 «faire une ouverture (d'un corps)» (Roland, 2964: uvrir);
4. 1376 «commencer, introduire» (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, 1, 36: Ces deux cloent et ouvrent l'us Des dames et des damoiselles); fin xve s. «mettre en train, commencer (une guerre)» (Froissart, Chron., 2e rédaction, éd. Kervyn de Lettenhove, t.2, p.483: que la guerre feust ouverte); 1928 rugby (Miroir des Sports, XVIII, 73b ds R. Ling. rom. t.39, p.209).
B. Ca 1210 part. passé adj. «manifeste évident» (Dolopathos, éd. Ch. Brunet et A. de Montaiglon, 9946); 1587 à force ouverte (Lanoue, Discours pol. et militaires, p.259); 1671 faire guerre ouverte à qqn (Pomey);
b) 1588 «sincère, franc» (Montaigne, Essais, éd. P.Villey, I, chap. 24, t.1, p.131). D'un lat. pop. *operire «ouvrir» (cf. L'a. prov. obrir xiie s. ds Rayn., s.v. apertio, le cat. obrir 1391 ds Alc.-Moll, l'ital. obrire xiiie s. ds DEI et différents dial. ital.: v. REW3 515), altération du lat. class. aperire «ouvrir; découvrir au sens physique et moral; creuser; dévoiler», prob. sous l'infl. de son anton. cooperire «couvrir» qui a supplanté le verbe simple operire.
1.
a) Fin xe s. obrir «faire que ce qui était fermé ne le soit plus» (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 324); ca 1100 «déplacer ce qui empêche le libre passage» (Roland, éd. J. Bédier, 2258: De pareïs li seit la porte uverte !); 1re moitié xiiie s. «donner accès à» (Guillaume de Palerne, 5091 ds T.-L.: la fenestre..., Qui desor le vergier ouvroit); ca 1485 «rendre accessible» (Myst. du V. Testament, éd. J. de Rothschild, 17684: nous avons boutique ouverte); id. (ibid., 18301: A tous universellement Ouvre les biens de son hostel);
b) fig. 1275-80 «découvrir» (Rose, éd. F. Lecoy, 7148); 1461 «rendre capable de pénétration» (Villon, Testament, éd. J. Rychner et A. Henry, 95: Travail... M'ouvrist plus que tous les commens d'Averroys sur Aristote); xive s. [date ms.] ouvrir la voie (Jean de Meun, Test., Vat. Chr. 367, f° 3a ds Gdf. Compl.);
2. ca 1100 «rendre accessible en écartant les éléments» (Roland, 2285: (Uvrit les oilz); 1280 donner a borse overte «donner sans compter» (Clef d'amour, éd. A. Doutrepont, 1485); 1280 d'une lettre (ibid., 697); 1306 «desserrer les rangs d'un groupe» (Guillaume Guiart, Royaux Lignages, éd. de Wailly et Delisle, 14169);
3. ca 1100 «faire une ouverture (d'un corps)» (Roland, 2964: uvrir);
4. 1376 «commencer, introduire» (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, 1, 36: Ces deux cloent et ouvrent l'us Des dames et des damoiselles); fin xve s. «mettre en train, commencer (une guerre)» (Froissart, Chron., 2e rédaction, éd. Kervyn de Lettenhove, t.2, p.483: que la guerre feust ouverte); 1928 rugby (Miroir des Sports, XVIII, 73b ds R. Ling. rom. t.39, p.209).
B. Ca 1210 part. passé adj. «manifeste évident» (Dolopathos, éd. Ch. Brunet et A. de Montaiglon, 9946); 1587 à force ouverte (Lanoue, Discours pol. et militaires, p.259); 1671 faire guerre ouverte à qqn (Pomey);
b) 1588 «sincère, franc» (Montaigne, Essais, éd. P.Villey, I, chap. 24, t.1, p.131). D'un lat. pop. *operire «ouvrir» (cf. L'a. prov. obrir xiie s. ds Rayn., s.v. apertio, le cat. obrir 1391 ds Alc.-Moll, l'ital. obrire xiiie s. ds DEI et différents dial. ital.: v. REW3 515), altération du lat. class. aperire «ouvrir; découvrir au sens physique et moral; creuser; dévoiler», prob. sous l'infl. de son anton. cooperire «couvrir» qui a supplanté le verbe simple operire.