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Voir également: me, nom 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
Pron. pers. régime atone de la 1re pers. du sing.
I.
A.
1. Régime indir.
a) 842 me (Serments de Strasbourg, éd. Henry Chrestomathie, p.2, 4: in quant Deus savir et podir me dunat); fin xe s. élidé devant voyelle (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 83: Que m'en darez eˑl vos tradrai?); ca 1050 enclitique (St Alexis, éd. Chr. Storey, 495: Il nem faldrat [Deus], s'il veit que jo lui serve);
b) employé avec un pron. régime dir. de la 3e pers., celui-ci le précède — fin xe s. (Passion, 512: Per ta pitad loˑm perdones); ca 1050 (St Alexis, 108: Pechet le m'at tolut; cf. 227), peu à peu le régime indirect apparaît en tête v. J. Melander ds St. neophilol. t.11, 1938-39, pp.101-114;
c) ca 1100 exprime l'intérêt que prend à l'action la personne qui parle [datif éthique] (Roland, éd. J. Bédier, 656, 3751);
2. régime dir. fin xe s. (Passion, 152); id. enclitique (ibid., 67, 68); ca 1050 élidé (St Alexis, 433).
B. Sujet d'un inf. régi par faire laisser ou un verbe de perception 2e moitié xe s. (St Léger, éd. J. Linskill, 93: Meu' evesquet neˑm lez tener; 95: En u monstier me laisse intrer).
C. Avec un verbe pronom.
1. ca 1050 en emploi réfl., me compl. d'obj. renvoie au sujet « je » (St Alexis, 209: Or ne lairai nem mete an lur bailie);
2. id. élément du verbe pronom. non réfl. (ibid., 60: S'or ne m'en fui; 404: Ed enpur tei m'en esteie penet); ca 1100 (Roland, 2909: ... jo m'en irai en France).
II. Place de me
1. 2e moitié xe s. compl. d'un inf. dépendant lui-même d'un verbe à un mode pers., me précède ce verbe (St Léger, 94: Por te qui sempreˑm vols aver); ca 1050 (St Alexis, 488: Ja tute gent ne m'en soust turner);
2.
a) ca 1100 dans une phrase à l'impér. précédée d'un adv. d'insistance ou d'une négation, me précède le verbe (Roland, 275: Car m'eslisez un barun de ma marche); au xviie s. encore, me précède l'impér. quand celui-ci est coordonné à un 1er impér. 1670 (Molière, Bourgeois gentilhomme, III, 8: Ote-toi de mes yeux, vilaine, et me laisse en repos);
b) ca 1050 me suit l'impér. si celui-ci est placé en tête (St Alexis, 462: Aidiez m'a plaindra le duel de mun ami);
c) ca 1165 dans une phrase interr., me suit le verbe (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 1503: Estuet me il estre en esfrei ...?); 1176-81 [xiiie s. mss] (Chrétien de Troyes, Lion, éd. W. Foerster, 6398, leçon des mss GAS: Volez me vos prendre a parole?); fin xiie s. (Orson de Beauvais, éd. G. Paris, 1885: Dis me tu verité?), cf. ca 1276 (Adam de La Halle, Jeu de la Feuillée, éd. E. Langlois, 392: Me volés vous tuer?). Du lat. me «moi» acc. de ego (pron. pers. de la 1re pers. du sing., nomin.), en position atone.