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Voir également: mate, nom féminin 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.
1. Fin xie -début xiie s. «vaincu, abattu, affligé» (Alberic de Pisançon, Alexandre, 14, in Elliott Monographs n° 38, t.3, p.38: [un rey chi] Tant rey fesist mat ne mendic);
2. ca 1265 «flétri, fané» (Rutebeuf, La voie de paradis, 199 ds Œuvres complètes, éd. E. Faral et J. Bastin, t.1, p.347);
3. 1424 «sombre (en parlant du temps)» (Compt. de Nevers, CC 28, f° 26 v° , Arch. mun. Nevers ds Gdf. : temps mat et pluvieux).
B.
1.
a) 1545 «non poli» (E.Coyecque, Recueil d'actes notariés..., t.1, p.642: une table de dyament mat); 1611 or mat (Cotgr.); 1832 subst. «partie non polie» (Raymond);
b) 1833 «qui n'a pas de transparence» (Sand, loc. cit.);
c) 1899 phot. papier mat (Gde Encyclop. t.26, p.785a);
2. 1621 «qui n'a pas de brillant, d'éclat» (E. Binet, Essay des Merveilles de Nature, p.198: couleur mate); 1678 subst. «absence de brillant, d'éclat» (H. Testelin, Conférences ds Jouin, p.202 ds Brunot t.6, p.710, note 10);
3.
a) 1718 broderie matte (Ac.); 1844 subst. dentell. (Balzac, Modeste Mignon, p.17);
b) 1782 «épais, consistant, compact» (Encyclop. méthod. Mécan. t.1, p.253b: sans levain, le pain est matte ; ibid., p.267a: une pâte ni trop cuite, ni trop matte);
4.
a) 1814 méd. son mat (Nysten);
b) 1829 son mat (Balzac, Chouans, p.310: le son mat de sa voix grêle);
c) 1963 phonét., p. oppos. à strident (R. Jakobson, op. cit., t.1, p.129). Orig. incertaine, peut-être du lat. matus «ivre, qui a le vin triste» (Pétrone ds TLL, v. aussi FEW t.6, 1, p.524b), b. lat. matus «humecté, humide, amolli» (CGL t.5, p.604, 41) [même mot que le b. lat. mat(t)us «triste»? (viie -xe s., CGL passim)] qui représenterait une forme dial. de *maditus, part. passé de madère «être mouillé, imprégné; être ivre» (cf. Ern.-Meillet). Cf. aussi madidus «humide, mouillé; ivre; amolli, gâté». Au sens B 1 a, cf. l'ital. auro matto (xiiie s. ds Batt.) oro matto (xvie s., ibid.); au sens B 2, cf. l'ital. colore matto (xive s., ibid.).