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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.
1. [Fin xie s. male « sac en cuir » (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1)];
2. ca 1135 « coffre en bois ou en cuir pour emporter les effets de voyage » (Couronnement de Louis, éd. Y. G. Lepage, Rédaction AB, 1332); ca 1200 malle (Aiol, éd. J. Normand et G. Raynaud, 9479);
3. au fig.
a) α) 1745 faire ses malles « se préparer à partir » (Diderot, Principe de la philosophie morale ds Œuvres. éd. Naigeon (1798), t. 9. p. 374); β) 1927 faire la malle (à qqn) « abandonner (quelqu'un) » (Dussort, loc. cit.); γ) 1935 se faire la malle, faire sa malle « filer à l'anglaise » (Simonin, J. Bazin, loc. cit.);
b) α) 1660 troussé en male « mort » (Oudin Curiositez); β) 1883 faire sa malle « mourir » (Larchey, Dict. hist. arg., 2e Suppl., p. 93);
4. 1884 arg. « salle de police » (Courteline, Train 8 h 47, Au chose, p. 233).
B.
1. 1793 « malle-poste » (Décret ds Fr. mod. t. 22 (1954), p. 305);
2.
a) 1850 malle des Indes (Flaub., Corresp., p. 212);
b) 1923 « service maritime entre Calais et Douvres » (Maurois, Ariel, p. 172). De l'a. b. frq. *malha ; cf. a. h. all., ags. mal(a)ha « besace, sacoche »; m. néerl. male « sac de voyage, coffre; ventre d'un animal »; néerl. maal « sac, sacoche, coffre ». Le sens de « mourir » est prob. issu des loc. trousser quelque chose en male « enlever par surprise » (xvie s. ds Hug.) et être troussé en male (1660, Oudin Curiositez).