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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.
1.
a) Ca 1185 (Marie de France, Purgatoire St Patrice, 413 ds T.-L.: E cele denz que vus avez, Qu'unkes vïande ne mascha); 1552 (Est. s.v. mando-mansum : mansum in os inferre. Luy bailler tout masché); 1580 (Montaigne, Essais, II, X, éd. A. Thibaudet et M. Rat, p. 397: Ces historiens nous gastent tout: ils veulent nous mascher les morceaux);
b) 1773 «triturer une substance molle dans sa bouche sans l'avaler» fig. des organes de papier mâché (Voltaire, Lettre à d'Argental, 19 avr. ds Corresp., éd. Th. Besterman, t. 39, p. 391);
2. fin xiiie s. [ms. Bibl. nat. fr. 837] fig. ne le querre maschier «ne pas chercher à dissimuler, dire franchement» (De la fole et de la sage ds Jubinal, Nouv. recueil de fabliaux, t. 2, p. 79);
3. fig.
a) xiiie s. «se pénétrer d'une chose au point de la faire sienne, de l'acquérir» maskier sens «se pénétrer de sagesse» (Chans. et dits artésiens, éd. A. Jeanroy et H. Guy, XV, 36);
b) ca 1350 «se pénétrer d'une chose, la méditer» (Gilles Li Muisis, II, 192 ds T.-L.).
B. 1306 «mordre un objet placé entre les dents» maschier le fraing (Guillaume Guiart, Royaux lignages, I, 1014 ds T.-L.). Du b. lat. masticare «mâcher»; ce verbe (= gr. μασιάω) se substitua en ce sens au début du ive s. aux verbes ant. mandere et manducare (celui-ci issu du 1er par l'intermédiaire du dér. manducus, proprement «le bâfreur», nom d'un bouffon d'atellanes portant un masque aux énormes mâchoires remuant à grand bruit) quand, mandere n'ayant laissé aucune trace dans les lang. rom., manducare fut utilisé pour exprimer la notion de «manger», v. manger.