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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I. Adj.
A. dans le temps
1. 2e moitié xe s. « qui dure longtemps » (St Léger, 231 ds Henry Chrestomathie, p. 13);
2. ca 1050 « lassant, ennuyeux en raison d'une durée excessive » lunga atente (Alexis, éd. Chr. Storey, 443);
3. 1215 de longue main « se dit de quelque chose qui prend du temps, qui existe depuis longtemps ou qui demande un long travail » (Calendre, Empereurs ds T.-L., s.v. main);
4. xive s. gramm. ditongue longue (cité ds Ch. Thurot, Notices et extraits de divers mss lat. ... ds Not. et extraits des mss de la Bibl. impériale, 1868, t. 222, p. 203); 1627 subst. fém. id. « syllabe longue » observer les longues et les brèves « être très cérémonieux ou très exact » (Mme de Sévigné, Lettres, éd. A. Monmerqué, t. 8, p. 118);
5. 1552 « qui met beaucoup de temps à faire quelque chose » (Estienne, Dict. latinogallicum);
6. 1690 « qui se produit à la fin d'une durée considérable » Bail à longues années (Fur.).
B. Dans l'espace
1.
a) ca 1100 « qui a une grande étendue dans le sens de la longueur » (Roland, éd. J. Bédier, 2852 : Cez veiez lunges e cez chemins mult larges);
b) fin xiie s. « qui a telle ou telle étendue d'une extrémité à l'autre » lons pres de quatorze toises (1re Continuation de Perceval, 8307, éd. W. Roach, I, p. 226);
2. ca 1100 « qui porte loin » (Roland, 1755 : la voiz est mult lunge);
3. ca 1160 « qui se caractérise par sa longueur par opposition à un modèle normal » barbe longue (Enéas, 2450 ds T.-L.);
4. 1694 sausse trop longue (Ac., s.v. sausse).
C. Dans le temps ou dans l'espace.
1. ca 1150 « d'une œuvre, d'un discours dont le développement est important » (Wace, Vie St Nicolas, 601 ds T.-L.);
2. 1538 « (d'une personne) qui développe trop son sujet » (Est.).
II. Loc.
A.
1. Ca 1155 le lunc de « suivant la longueur » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 5115);
2.
a) ca 1155 de lonc, de lé (Wace, op. cit., 8425 ds T.-L., s.v. lé); 1216 de lon en lé (Anger, Vie St Grégoire, 135, ibid.); 1811 de long en large (Jouy, Hermite, t. 1, p. 41);
b) fin xiie s. de lonc en lonc (1re Continuation de Perceval, éd. W. Roach, 9615);
c) 1660 tirer de long (Oudin Esp.-fr.); 1690 coucher de long une pièce (Fur.);
3. 1230 en lonc ou en lé (Gaydon, 46 ds T.-L.); 1676 en long et en large (Mme de Sévigné, Lettres, éd. M. Monmerqué, t. 5, 74).
B.
1. Ca 1260 a la longue (Ph. de Novare, Quatre Ages, 131 ds T.-L.);
2. 1614 aller de longue « avancer, continuer » (Malherbe, Lettres à Peiresc, 152 ds Œuvres, éd. C. Lalanne, III, 402); 1639 tirer de longue « traîner en longueur » (Cal de Richelieu, Lettres, Paris, Imprimerie Impériale, VI, p. 469).
III. Subst.
1. 1176-81 « après un chiffre, la plus grande dimension d'un objet » set piez de lonc (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 320);
2. 1464 de son long « dans toute sa longueur » (ds Du Cange d'apr. FEW t. 5, p. 408b); 1579 couché de son long (Garnier, La Troade, 254 ds Les Tragédies, éd. W. Foerster, II, 92);
3. 1392-1400 boys sies au lonc « bois sciés suivant la longueur » (Compt. de l'Hôt.-Dieu d'Orl., f° 8 v° , Hôp. gén. Orl. ds Gdf. Compl.); 1466 scieurs de long « celui qui scie le bois en long pour faire des planches » (Compt. de Nevers, CG 60, f° 27 r° , A. Nevers, ibid., s.v. seieor).
IV. adv.
1. 1499 « avec un long vêtement » long vestu (Arch. Nord, 131708, f° 33 r° ds IGLF);
2. av. 1707 en savoir long « être bien informé » (Hauter[oche], Le Coche d'Orléans ds Le Roux 1752);
3. 1813 en avoir long à dire (Courier, Lettres Fr. et Ital., p. 862). I du lat. class. longus « long, étendu dans l'espace et dans le temps »; l'a. fém. longe a été de bonne heure remplacé par longue d'apr. le masc. II, III, IV emploi adv. et subst. de I.