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Voir également: là, interjection 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
Adv. dém.
I. du lieu où l'on est et du lieu où l'on va, situés en dehors de l'espace du locuteur.
A.
1.
a) 2e moitié xe s. lieu où l'on n'est pas, opposé à ci; lai (St Léger, éd. J. Linskill, 96 : Pos ci non posc, lai vol ester); 1172-75 ça et la, v. ça; ca 1260 lai... lai... lai valeur distributive (Robert de Blois, Beaudous, 1432 ds T.-L.); av. 1538 par ci, par la, v. ci;
b) antécédent de l'adv. ou, ca 1100 [sans idée d'oppos. spatiale] (Roland, éd. J. Bédier, 2046); 1545 fig. marquant une oppos. « tandis que » (Le Maçon, trad. de Boccace, Décaméron, I, Préamb. ds Hug.); 1671 (Pomey : il rit là où il devroit pleurer);
c) 1611 fig. en être là « avoir cette disposition d'esprit, en être à ce point, ce parti » (Cotgr.);
2. du lieu où l'on va; verbe de mouvement
a) 2e moitié xe s. lai (St Léger, 232 : Lai s'aprosmat que lui firid);
b) fin xe s. lai...o désigne un point dans le cours d'un récit (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 278 : lai dei venir o eu laisai); mil. xie s. la...o (St Alexis, éd. Chr. Storey, 80 : la pristrent terre o Deus les volt mener);
c) ca 1280 fig. désigne l'aboutissement d'un processus, d'une pensée (Girart d'Amiens, Escanor, 25030 ds T.-L.).
B. en compos.
1. suivi d'un autre adv.
a) 2e moitié xe s. la jus [lat. class. deorsum, vulg. josum, avec infl. de su(r)sum, v. sus] avec mouvement (St Léger, 176); mil. xie s. sans mouvement (St Alexis, 486); ca 1165 id. laïs (Benoît de Sainte-Maure, Troie, 29368 ds T.-L.);
b) ca 1100 la sus amunt avec mouvement (Roland, 2634); ca 1180 (Hist. Joseph, 1610 ds T.-L. : là sus ou ciel monta), v. aussi E. Lommatzsch, Kleinere Schriften zur rom. Philol., 1954, pp. 10-11;
c) ca 1140 laenz, v. léans;
d) ca 1160 la dedanz (Eneas, éd. J. J. Salverda de Grave, 464 : ... la dedanz an la cité);
e) 1160-74 la hors (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, II, 2115); ca 1200 par la defors (Beuve de Hantone, I, 5460 ds T.-L., s.v. defors);
f) 1174-87 la desoz, v. dessous;
g) ca 1180 là val (Fierabras, éd. A. Kroeber et G. Servois, 386);
h) 1456-57 la hault « dans le ciel » celuy qui est la hault « Dieu » (Cent nouvelles nouvelles, éd. F. P. Sweetser, p. 245), v. aussi haut;
i) xvie s. la bas, v. ce mot;
2. précédé d'un prép.
a) ca 1100 de la (Roland, 289), v. aussi delà;
b) ca 1208 par la ou (Villehardouin, Constantinople, éd. E. Faral, § 230 : ... par la ou il devoient passer); 1240-80 par là fig. « par ce moyen, grâce à quoi » (Baudouin de Condé, Dits et contes, 39, 206 ds T.-L.); 1611 passer par là id. « accepter telles conditions » (Cotgr.);
c) 1240-80 dès là « par conséquent, donc » (Baudouin de Condé, op. cit., 156, 11 ds T.-L.).
C. renforçant la valeur dém. et spatiale des dém.
1. renforçant un pron. dém.
a) ca 1160 celui la, v. celui (Étymol. B 4); 1310-40 chieus la cas suj. masc. sing. (Jean de Condé, Dits et contes, éd. A. Scheler, t. 3, p. 200, 110); ca 1330 cil la (Guillaume de Digulleville, Pèlerinage Vie, 2142 ds T.-L.);
b) xve s. cestui la, v. ce adj. (Étymol. Pron. A 3 b);
c) xiiie s. avec ce neutre, çoula compl. d'obj., v. cela;
2. renforçant un art. dém.
a) ca 1225 avec cas régime masc. sing., v. ce adj. (Étymol. Adj. A 2 b);
b) mil. xiiie s. avec cil cas suj. masc. (Du prestre qui ot mere a force, éd. A. de Montaiglon et G. Raynaud, Rec. gén., t. 5, p. 146, 101).
II. P. anal. du temps que l'on indique (p. oppos., à l'origine à celui où l'on est) ca 1135 « à tel moment, alors » (Couronnement de Louis, 742 ds T.-L. : Là [as blanches pasques] vos plot il, verais Deus, a aler En Jerusalem); xiiie s. en réf. à un passé éloigné (Parise la duchesse, 77 ibid.); ca 1245 là sus « après cela, ensuite, là dessus » (Ph. Mousket, 29578, ibid.); 1580 la dessus « ensuite, ceci dit » (Montaigne, Essais, I, XX, éd. A. Thibaudet et M. Rat, p. 85).
III. Interj. là; lalà employé à l'adresse d'une personne que l'on veut encourager, exhorter (Cotgr.). Du lat. illāc adv. « par là » (la forme illa étant relevée dans la lang. vulg. dès Plaute, TLL, s.v.); les formes lai de St Léger et de la Passion, supra, sont prov. (cf. a. prov. lai, 2e moitié xiie s. B. de Ventadour éd. C. Appel, passim; v. aussi Rayn. et Levy Prov.); la fréquence d'emploi de illa(c) en position proclitique dans des combinaisons avec *dyūsu [deorsum], intus, altu, bassu, v. supra, a prob. empêché la diphtongaison de a dans illa(c) employé séparément (Fouché, p. 650; v. aussi F. de La Chaussée, loc. cit.). Cf. l'a. fr. ila « là » (ca 1120-50 ila sus Grant mal fist Adam, I, 12 ds T.-L.), avec i- issu de hic adverbe.