A.
1.
a) Ca 1100 « patte des animaux » (Roland, éd. J. Bédier, 1491 : li destriers... Piez ad colpez e les gambes a plates);
b) α) ca 1150 « membre inférieur de l'homme en son entier » (Charroi de Nîmes, éd. D. McMillan, 379); β) 1312 « partie de chacun des membres inférieurs de l'homme qui s'étend du genou au pied » (Vœux du Paon, éd. R. L. Graeme Ritchie, t. 4, 7851 : l'os de la jambe destre brisa outréement); γ) 1665 [éd.] « aptitude pour marcher, courir » (Guez de Balzac, Œuvres, t. 1, p. 44);
c) 1564 jambe de bois « pièce de bois adaptée au moignon d'un amputé » (Paré, Œuvres complètes, XVII, 12, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 620);
2.
a) α) 1640 cela me fait la jambe belle « cela ne me sert de gueres » (Oudin Curiositez); 1842 faire une belle jambe à quelqu'un (Sue, Myst. Paris, t. 1, p. 25); β) 1670 cela lui rend la jambe bien mieux faite (Molière, Bourgeois gentilhomme, III, 3; cf. Ac. 1694 : « On dit par ironie qu'une chose rend la jambe bien faite à quelqu'un, pour dire qu'elle ne lui sert de rien »;
b) α) 1671 jouer qqn par dessous la jambe (Molière, Fourberies de Scapin, I, 2) ; β) 1829 traiter par dessous la jambe (Béranger, Chans., t. 1, p. 239); γ) 1844 faire qqc. par dessus la jambe (Vidocq, Vrais myst. Paris, t. 3, p. 347);
c) prendre les jambes à son cou α) 1690 « se résoudre à partir pour quelque voyage » (Fur.); β) 1740 « partir aussi vite que l'on peut » (Trév.);
d) 1901 tenir la jambe à quelqu'un (Bruant, p. 260);
3. 1879 jambe du pantalon (Zola, Nana in Le Voltaire 12 nov., p. 1, col. 6 ds Quem. DDL t. 16).
B.
1.
a) 1321 « chacun des deux poteaux qui soutiennent le linteau d'une porte » (Richard, Une petite nièce de Saint Louis, Mahaut, p. 400 : les gambes del huys dudit portal);
b) 1609 charpent. jambe de force (Mallevouëe, Actes de Sully, p. 128);
c) 1676 [éd.] jambe sous poutre (Félibien, 621);
d) 1827 jambe d'une maille (Baudr. supra);
2. 1564 jambes d'un compas (Paré, Œuvres complètes, VIII, 20, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 59). Du b. lat. gamba « paturon du cheval (et gén. des quadrupèdes) » (aussi camba, d'où les différentes formes prov., cat., fr.-prov. et rhétorom.; cf. FEW t. 2, 1, p. 111a-b), empr. comme terme vétér. au gr. καμπή « articulation du pied du cheval ». Ce mot, pop. à l'orig., a évincé le subst. class. crus « jambe », la lang. vulg. empruntant volontiers, pour plus d'expressivité, au domaine animal. Dans le domaine ibér., crus a également été remplacé par perna qui, à l'époque class., signifiait « gigot, jambon » (cf. esp. pierna « jambe »; port. perna « id. »). Cf. G. Rohlfs, Romanische Sprachgeographie, p. 93-94, § 66 et p. 276 et W. von Wartburg et S. Ullmann, Problèmes et méthodes de la ling., p. 175. Le fait de montrer une belle jambe et de prendre une démarche avantageuse a donné lieu à l'expr. faire une belle jambe. Jouer qqn par-dessous la jambe vient prob. d'une allusion aux joueurs de paume ou de boules qui, pour montrer leur supériorité, lançaient la balle ou la boule en la faisant passer par-dessous leur jambe. L'expr. tenir la jambe à qqn est une métaph. correspondant à « retenir par la jambe » et qui s'emploie dans le cont. d'une conversation interminable. Cf. Rey-Chantr. Expr., s.v. jambe.
1.
a) Ca 1100 « patte des animaux » (Roland, éd. J. Bédier, 1491 : li destriers... Piez ad colpez e les gambes a plates);
b) α) ca 1150 « membre inférieur de l'homme en son entier » (Charroi de Nîmes, éd. D. McMillan, 379); β) 1312 « partie de chacun des membres inférieurs de l'homme qui s'étend du genou au pied » (Vœux du Paon, éd. R. L. Graeme Ritchie, t. 4, 7851 : l'os de la jambe destre brisa outréement); γ) 1665 [éd.] « aptitude pour marcher, courir » (Guez de Balzac, Œuvres, t. 1, p. 44);
c) 1564 jambe de bois « pièce de bois adaptée au moignon d'un amputé » (Paré, Œuvres complètes, XVII, 12, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 620);
2.
a) α) 1640 cela me fait la jambe belle « cela ne me sert de gueres » (Oudin Curiositez); 1842 faire une belle jambe à quelqu'un (Sue, Myst. Paris, t. 1, p. 25); β) 1670 cela lui rend la jambe bien mieux faite (Molière, Bourgeois gentilhomme, III, 3; cf. Ac. 1694 : « On dit par ironie qu'une chose rend la jambe bien faite à quelqu'un, pour dire qu'elle ne lui sert de rien »;
b) α) 1671 jouer qqn par dessous la jambe (Molière, Fourberies de Scapin, I, 2) ; β) 1829 traiter par dessous la jambe (Béranger, Chans., t. 1, p. 239); γ) 1844 faire qqc. par dessus la jambe (Vidocq, Vrais myst. Paris, t. 3, p. 347);
c) prendre les jambes à son cou α) 1690 « se résoudre à partir pour quelque voyage » (Fur.); β) 1740 « partir aussi vite que l'on peut » (Trév.);
d) 1901 tenir la jambe à quelqu'un (Bruant, p. 260);
3. 1879 jambe du pantalon (Zola, Nana in Le Voltaire 12 nov., p. 1, col. 6 ds Quem. DDL t. 16).
B.
1.
a) 1321 « chacun des deux poteaux qui soutiennent le linteau d'une porte » (Richard, Une petite nièce de Saint Louis, Mahaut, p. 400 : les gambes del huys dudit portal);
b) 1609 charpent. jambe de force (Mallevouëe, Actes de Sully, p. 128);
c) 1676 [éd.] jambe sous poutre (Félibien, 621);
d) 1827 jambe d'une maille (Baudr. supra);
2. 1564 jambes d'un compas (Paré, Œuvres complètes, VIII, 20, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 59). Du b. lat. gamba « paturon du cheval (et gén. des quadrupèdes) » (aussi camba, d'où les différentes formes prov., cat., fr.-prov. et rhétorom.; cf. FEW t. 2, 1, p. 111a-b), empr. comme terme vétér. au gr. καμπή « articulation du pied du cheval ». Ce mot, pop. à l'orig., a évincé le subst. class. crus « jambe », la lang. vulg. empruntant volontiers, pour plus d'expressivité, au domaine animal. Dans le domaine ibér., crus a également été remplacé par perna qui, à l'époque class., signifiait « gigot, jambon » (cf. esp. pierna « jambe »; port. perna « id. »). Cf. G. Rohlfs, Romanische Sprachgeographie, p. 93-94, § 66 et p. 276 et W. von Wartburg et S. Ullmann, Problèmes et méthodes de la ling., p. 175. Le fait de montrer une belle jambe et de prendre une démarche avantageuse a donné lieu à l'expr. faire une belle jambe. Jouer qqn par-dessous la jambe vient prob. d'une allusion aux joueurs de paume ou de boules qui, pour montrer leur supériorité, lançaient la balle ou la boule en la faisant passer par-dessous leur jambe. L'expr. tenir la jambe à qqn est une métaph. correspondant à « retenir par la jambe » et qui s'emploie dans le cont. d'une conversation interminable. Cf. Rey-Chantr. Expr., s.v. jambe.