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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I. Verbe
A. trans.
1.
a) 1119 furnir « achever, ajouter les éléments nécessaires pour qu'il ne manque rien » (Philippe de Thaon, Comput, 2077 ds T.-L.);
b) ca 1160 fornir « exécuter, réaliser, produire, achever » (Enéas, 545, ibid.);
2.
a) ca 1160 « livrer, procurer, donner » (ibid., 4971, ibid.);
b) 1174-76 furnir « pourvoir, approvisionner » (G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 2495).
B. Intrans. ca 1377 fournir a « pourvoir à qqc., y suffire » (Gace de la Buigne, 10307 ds T.-L.); 1538 fournir de qqc. « livrer, procurer » (Est. ds FEW t. 15, 2, p. 182b).
II. Adj.
1. ca 1150 forni « robuste » (Charroi de Nîmes, éd. D. Mc Millan, 326);
2. xive s. [ms.] fourni « épais, touffu (en parlant de sourcils) » (Chr. de Troyes, Perceval, éd. A. Hilka, 1819, var. du ms. B.N. fr. 1453), attest. isolée; de nouv. 1690 « épais, touffu (du bois) » (Fur.);
3. 1611 « approvisionné » (Cotgr.). Du germ. occ. *frumjan ; cf. a. h. all. frumman « achever, exécuter » (Graff t. 3, col. 649-651); m. h. all. vrumen, vromen « être utile, profiter, procurer » (Lexer); all. frommen « être utile, servir à quelqu'un ». Le got. atteste aussi un subst. fruma « le premier » (Feist). La forme fournir au lieu de fourmir (cf. a. prov. formir d'apr. Levy (E.) Prov.) s'explique prob. par l'infl. de garnir, sémantiquement très proche.