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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.— Lat. En- remonte au préf. lat. in-, lui-même issu de la préposition in : dans, sur, en parlant de l'espace et du temps, que l'on considère les choses en état de mouvement vers un but, d'où un sens moral de « pour, en vue de » ou de repos (d'apr. Ern.-Meillet 1959, p. 312).
— Le préf. a formé très tôt de nombreux verbes : incingere > enceindre (XIII) incantare > enchanter (XII) ingencrare > engendrer (XI) inflammare > enflammer (XII)
— De même on suppose en lat. vulg. : imbiberare > embrever (XIII) inclavare > enclaver (XII) infodire (class. infodere) > enfouir (XI) ingrassiare, incrassiare > engraisser (XI)
B.— A. fr. En a. fr., une forme participale avec en- peut correspondre à un verbe simple trans. ou à un verbe préfixé par a-. « Une certaine affinité entre en- (dont la visée finale inclut les limites, d'où l'impression de transmutation) et le morphème dynamique résultatif (-i, -é, -u) a fait que certains verbes (...) avaient en ancien français un participe passé en en- » (B. Pottier, Systématique des éléments de relation, 1962, p. 260) : archier, enarchié ; affaiblir, enfaibli ; amonceler, emmoncelé; seller, ensellé. Cf. également rougir, enrougi; fondre, enfondu; commencer, encommencé. Toutefois la tendance de la langue veut qu'un paradigme verbal se constitue d'après la forme génératrice, que celle-ci soit simple ou composée. Rougi se modèlera donc sur rougir, atapi sur atapir, amoncelé sur amonceler.