Logo Portail
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. xiie s. carnière [Nord-Est, v. G. Paris ds Romania, t. 19, p. 331] « attache articulée » (Naissance chevalier au cygne, éd. H. A. Todd, 842), spéc. attesté en pic. et wallon, v. Gdf. Compl. ;
2. fin xvie s. « articulation (d'un membre artificiel) » (A. Paré, XVII, 12, éd. Malgaigne, t. 2, p. 620); 1611 la charniere des genoux (Cotgr.);
3. 1676 « outil de graveur en pierre » (Félibien Dict., 362-63 ds IGLF);
4. 1752 conchyliologie (Trév.) ;
5. 1936 fig. en apposition (Thibaudet, Hist. de la litt. fr. de 1789 à nos jours, p. 524 : époques-charnières). Prob. dér. de l'a. fr. charne attesté au début du xiie s. sous la forme agn. carne au sens de « pivot, pilier » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, Cantium Annae, p. 235; cf. charniere, même cont. xve s. Psautier xve s., ms. B.N. 15370, f° 182 ds Gdf. Compl.) issu du lat. class. cardo, -inis « gond, point cardinal, pôle » au sens fig. « point essentiel, élément capital » (FEW t. 1, p. 366b; Bl.-W5 1re hyp.). Cette hyp. semble préférable à celle d'un étymon lat. vulg. *cardinaria dér. de cardo (Bl.-W.5 2e hyp.), qu'aucune autre forme romane ne confirme.