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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.
1. [Fin xe s. a. prov. castel « village fortifié » (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 427)]; [xe s. ds FEW, s.v. castellum]; ca 1100 plur. chastels « place fortifiée, citadelle » (Roland, éd. J. Bédier, 2611); 1174 plur. chastaus (G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 2214); 1212-18 forz chastiaus (G. de Villehardouin, Conquête Constantinople, éd. E. Faral, § 320); 1835 château fort (Ac.) ; spéc. ca 1236 faire chastiaus en Espaigne (G. de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 2430; v. aussi Neuphilol. Mitt., n° 1-2, 1914, pp. 107-110);
2. av. 1188 chastel « grande et belle demeure » (Partenopeus de Blois, éd. J. Gildea, 943);
a) 1606 « résidence royale » (Nicot); d'où 1836 « la cour » (Stendhal, loc. cit.);
b) 1690 « résidence seigneuriale » (Fur.).
B. Spéc.
1. 1165-70 mar. chastel (B. de Ste Maure, Troie, éd. L. Constans, 7065);
2. ca 1275 hérald. chastel (Walford's Roll, Leland's version, copy b [7] ds G. J. Brault, Early blazon, Oxford, 1972);
3. 1651 faire des châteaux de cartes (Scarron, Virgile travesti, éd. V. Fournel, livre 6, Paris, 1858, p. 211b), à nouv. ds Ac. 1835; 1690 fig. (Fur. : On appelle château de carte, une maison fort enjolivée, qui paroît beaucoup, & qui est en effet peu de chose);
4. 1704 château d'eau (Trév.). Du lat. castellum (dimin. de castrum « camp ») attesté dans la lang. class. au sens de « redoute » dep. le iie s. av. J.-C. ds TLL s.v., 527, 58; cf. César, ibid., 525, 21 et de « château d'eau », puis en lat. médiév. au sens de « citadelle » (776 ds Mittellat. W. s.v., 338, 15) et de « ville fortifiée, oppidum » (ca 778, ibid., 338, 68).