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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. 1219 « altérer, abîmer » (Guill. le Maréchal, 7517, Meyer dans R. Hist. litt. Fr., t. 5, p. 304);
2. 1268-71 « mêler en dérangeant » (E. Boileau, Métiers, éd. G.-B. Depping, 272 dans T.-L.); 1611 brouiller les cartes, œufs brouillez (Cotgr.);
3. 1346-1407 « rendre trouble » (E. Deschamps, II, 181 dans Gdf. Compl. : La veue me trouble et breille); 1652-96 pronom. (Sévigné, 12 dans Littré : Le jeudi le temps se brouilla);
4. xve -xvie s. « rendre confus [le cerveau] » (L'Amant ressuscité, p. 206 dans La Curne);
5. ca 1470 « désunir » (Trahison de France, p. 166 dans Gdf. Compl.); 1651 (Corneille, Nicomède, 564, cité dans Ch. Marty-Laveaux, Œuvres de Corneille, Paris, t. 11, p. 141 : Ah! ne me brouillez point avec la République). D'un gallo-roman *brodiculare (DEI ; Gam. Rom.2 t. 1, p. 384; EWFS2 ; v. aussi FEW t. 15, 1, p. 300a) dér. de *brodicare, postulé par le bergamasque brodigar « souiller » (DEI) et dér. du germ. *brod « bouillon », v. brouet. Cette hyp. est la seule à pouvoir rendre compte des formes anc. trisyllabiques du mot fr.; aussi l'hyp. d'une dérivation de l'a. fr. breu, brou (brouet*) d'apr. fouiller, souiller (Bl.-W.5 ; Dauzat 1968; REW3, n° 1321) est-elle à écarter.