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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. Ca 1100 « mettre en pièces par un choc, un coup violent » (Roland, éd. Bédier, 1200); fig.
a) 1214 briser la paix (Paix de Metz, Arch. mun. Metz dans Gdf.); ca 1274 briser un vœu (Berte aus grans piés, éd. A. Henry, 1375); xive s. briser son arrest (Froiss., I, I, 154 dans Littré);
b) xive s. briser les courages (Bersuire, f° 36 r° , ibid.); d'où 1541 brisé de terreur (Calv., Instit., 461, ibid.);
c) xive s. « faire cesser, mettre un terme à » (Froiss., Chron., IV, 215, Luce, ms. Rome dans Gdf.);
d) 1718 « fatiguer, harasser » (Ac.) ;
e) 1808 technol. briser de la laine (Boiste);
2. xiiie s. vén. « marquer avec des branches coupées le passage des animaux » (Lambert Le Tort, A. de Bernay, Alexandre, leçon isolée du ms. H, éd. H. Michelant, p. 128, 20; cf. éd. Elliott Monographs, t. 2, II, 1013);
3.
a) ca 1243 mar. « échouer » (Ph. Mousket, Chroniques, 22535 dans T.-L.);
b) 1678 id. « (de la mer) déferler sur la côte » (Guillet, Les Arts de l'homme d'épée, 3e part., p. 70);
4. 1470 « interrompre brusquement » (Wavrin, Anch. Cron. d'Englet., II, 230 dans Gdf. Compl.); 1643 abs. brisons là (Corn., Othon, IV, 4 dans Littré). De *brisiare, forme postulée par l'a. fr. brisier et les formes ital. (Brüch dans Z. rom. Philol., t. 68, 1952, p. 289), prob. formé à partir du b. lat. brisare « fouler le raisin » (synon. de exprimere dans les Scholies de Perse, 1, 76 dans TLL s.v., 2194, 75; à rattacher au lat. brisa « raisin foulé, marc de raisin », très rare, Columelle, 12, 39, ibid., 2194, 2), peut-être p. anal. avec la finale de verbes comme *quassiare « mettre en pièces, briser » (forme dér. du class. quassare « secouer » et postulée par l'a. fr. caissier, xiie s. dans T.-L.). Brisare est d'orig. obsc. Un rapprochement avec l'irl. brissim « je brise » (Ern.-Meillet, s.v. briso ; FEW t. 1, p. 535a; Dottin, p. 237; v. aussi Thurneysen, pp. 93-94) fait difficulté du point de vue phonét., le verbe qui en serait issu devant être *brissier et non briser ; l'hyp. d'une infl. de l'a. fr. bruisier « briser » pour expliquer en ce cas [z] au lieu de [s] attendu (Bl.-W.5 ) fait difficulté car brisier est antérieur à bruisier (av. 1167, Marie de France dans T.-L.); en outre l'orig. de bruisier est elle-même très obscure.