1. [Ca 1360 Baie nom propre relatif à l'île de Noirmoutier et à la baie de Bourgneuf (Froissart, Chroniques ds L. Lacroix, La Baye de Bretagne, p. 105, cité par M. Metzeltin, Vox rom., t. 26, p. 266 : le port et hâvre nommés la Baie sont les plus beaux ports de mer de notre pais)];
2. 1422 bee « petit golfe » (Courcy, Hist. de Grece, Ars. 3689, f° 116c ds Gdf. : Telement exploiterent que en la bee du fleuve de Albule furent arrivez); 1465 id. (Compt. de l'aumosn. de S. Berthomé, f° 115 r° , Bibl. La Rochelle ds Gdf. Compl.); 1483 baye (P. Garcie dit Ferrande, Le Grant Routtier ds Hispanic Review, t. 12, pp. 11-28 : la baye des Dugnes [Dunkerque]). Orig. incertaine. Toutes les étymol. proposées présentent de graves difficultés. L'esp. bahía (Dauzat68) de même que le port. baía (REW3 ) sont attestés beaucoup plus tard que le mot fr. (xve s.), et feraient difficulté du point de vue géogr. Le b. lat. baia « port » (DG) que l'on trouve chez Isidore de Séville, Orig., 14, 8, 40 est sans doute le nom du port de Baiae en Campanie, qu'Isidore aurait pris pour un nom commun, et ne semble pas avoir laissé de traces en lat. médiév. L'a. fris. *baga « courbe » (H. et R. Kahane, Hispanic Review, t. 12, pp. 11-28) est tout à fait hypothétique et aurait dû pénétrer en France entre le ve et le ixe s. par l'intermédiaire de l'a. b. frq. : or aucune trace en lat. médiév. M. Metzeltin ds Vox rom., t. 26, pp. 249-276, a proposé comme étymon le lat. abbatia « abbaye », qui aurait désigné d'abord Noirmoutier et la baie de Bourgneuf, lieu célèbre à la fois pour son abbaye et pour ses salines; la forme s'expliquerait par une séparation erronée de l'article, l'abaie étant devenue la baie. L'hyp. achoppe contre une difficulté phonét. (baie suppose l'accent sur la syllabe initiale, alors que dans abbatia c'est l'i qui porte l'accent); en outre, aucune forme fr. ne confirme cette hyp. et les formes rom. citées (ital. labaia, abaia, ital. cat. badia etc.) sont trop tardives pour ne pas pouvoir être des fautes de copistes ou le résultat de contaminations. L'hyp. la plus satisfaisante serait celle proposée d'abord par Diez3, développée par Baist, Z. rom. Philol., t. 32, pp. 31-33 et reprise par Bl.-W.5 et Cor. t. 1, s.v. bahía : baie déverbal de l'a. fr. ba(i)er, beer « être ouvert » (v. bayer et beer ; baie2 ), une baie étant une côte formant comme une bouche ouverte sur la mer. La Baie de Bourgneuf étant très connue pour ses salines, il y aurait eu contamination du m. fr. baee « grenier à sel, saline » de même orig. (cf. attest. de 1364 ds Mand. et act. div. de Charles V, Delisle, p. 12, acte 21), ce qui expliquerait que le m. angl. bay, empr. au fr., ait les sens de « golfe » et de « saline » (cf. NED t. 1, s.v. bays sb.2 et ODEE, s.v. bay-salt). Le prov. baia et l'esp. bahía seraient également empr. au fr., le port. baía et l'ital. baia étant empr. à l'esp. Le cat. badia serait empr. au fr. avec contamination du cat. badiu « ouvert, béant » (cf. Alc.-Moll.).
2. 1422 bee « petit golfe » (Courcy, Hist. de Grece, Ars. 3689, f° 116c ds Gdf. : Telement exploiterent que en la bee du fleuve de Albule furent arrivez); 1465 id. (Compt. de l'aumosn. de S. Berthomé, f° 115 r° , Bibl. La Rochelle ds Gdf. Compl.); 1483 baye (P. Garcie dit Ferrande, Le Grant Routtier ds Hispanic Review, t. 12, pp. 11-28 : la baye des Dugnes [Dunkerque]). Orig. incertaine. Toutes les étymol. proposées présentent de graves difficultés. L'esp. bahía (Dauzat68) de même que le port. baía (REW3 ) sont attestés beaucoup plus tard que le mot fr. (xve s.), et feraient difficulté du point de vue géogr. Le b. lat. baia « port » (DG) que l'on trouve chez Isidore de Séville, Orig., 14, 8, 40 est sans doute le nom du port de Baiae en Campanie, qu'Isidore aurait pris pour un nom commun, et ne semble pas avoir laissé de traces en lat. médiév. L'a. fris. *baga « courbe » (H. et R. Kahane, Hispanic Review, t. 12, pp. 11-28) est tout à fait hypothétique et aurait dû pénétrer en France entre le ve et le ixe s. par l'intermédiaire de l'a. b. frq. : or aucune trace en lat. médiév. M. Metzeltin ds Vox rom., t. 26, pp. 249-276, a proposé comme étymon le lat. abbatia « abbaye », qui aurait désigné d'abord Noirmoutier et la baie de Bourgneuf, lieu célèbre à la fois pour son abbaye et pour ses salines; la forme s'expliquerait par une séparation erronée de l'article, l'abaie étant devenue la baie. L'hyp. achoppe contre une difficulté phonét. (baie suppose l'accent sur la syllabe initiale, alors que dans abbatia c'est l'i qui porte l'accent); en outre, aucune forme fr. ne confirme cette hyp. et les formes rom. citées (ital. labaia, abaia, ital. cat. badia etc.) sont trop tardives pour ne pas pouvoir être des fautes de copistes ou le résultat de contaminations. L'hyp. la plus satisfaisante serait celle proposée d'abord par Diez3, développée par Baist, Z. rom. Philol., t. 32, pp. 31-33 et reprise par Bl.-W.5 et Cor. t. 1, s.v. bahía : baie déverbal de l'a. fr. ba(i)er, beer « être ouvert » (v. bayer et beer ; baie2 ), une baie étant une côte formant comme une bouche ouverte sur la mer. La Baie de Bourgneuf étant très connue pour ses salines, il y aurait eu contamination du m. fr. baee « grenier à sel, saline » de même orig. (cf. attest. de 1364 ds Mand. et act. div. de Charles V, Delisle, p. 12, acte 21), ce qui expliquerait que le m. angl. bay, empr. au fr., ait les sens de « golfe » et de « saline » (cf. NED t. 1, s.v. bays sb.2 et ODEE, s.v. bay-salt). Le prov. baia et l'esp. bahía seraient également empr. au fr., le port. baía et l'ital. baia étant empr. à l'esp. Le cat. badia serait empr. au fr. avec contamination du cat. badiu « ouvert, béant » (cf. Alc.-Moll.).