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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. Ca 1170 « bateau plat » (B. de Ste Maure, Ducs Normandie, éd. Fahlin, 29817-20 : N'est pas emprise l'ovre a gas : Nés, santinnes, buces e bas Orent ad si tres granz plentez C'umques ne furent sol nombrez); 1174-87 bac (Chr. de Troyes, Perceval, éd. Hilka, Halle, 1932, vers 3023);
2. 1406, 15 mai « évier » (Poitiers, A.N. X1e 91e, n° 311 ds Vox rom., t. 6, p. 259 : En ycelui mur le dit Jehan Bover avoit fait construire et bastir un bac, ayver ou seillier, pour geter ayres, viscosités et ordures), attest. isolée;
a) 1468 « bassin » (O. de La Marche, Mémoires, 3e éd. [1616], p. 526); 1612, 8 mars « cuve en pierre pour recevoir l'eau de pluie » (Reg. journ. des prév. et jurés, 1562-1617, A. Tournai ds Gdf. Compl. : Item se livrera par l'entrepreneur tous plombs entablé pour couvrir lesdites nogues, avecq bacq et buzes pour conduire les eauves en la citerne);
b) 1752 (Trév. : Bac. Espéce de vaisseau, ou grand bacquet de bois, dont les Brasseurs de bierre se servent pour y préparer les grains, le houblon, & les autres drogues qu'il faut faire germer, macérer & fermenter, avant que de les mettre cuire à la chaudiére); d'où « récipient servant à divers usages », à partir de l'Encyclop., t. 2, 1751. Du lat. vulg. *baccu « récipient » que l'on peut déduire du lat. vulg. bacar (expliqué fin viiie s. par Paul Diacre, Epitoma Festi, p. 31 ds TLL s.v., 1658, 81 : vas vinarium simile bacrioni), bacarium (viii-ixe s., Glossae affatim ds CGL t. 4, p. 488, 11 : Becario : urceoli genus; ixe s., ibid. t. 4, p. 590, 7 : Baccarium : vas aquarium); à rapprocher aussi du lat. vulg. *baccinus, b.lat. bacchinon, v. bassin (Ern.-Meillet s.v. *bacar et baccinon). Baccus, attesté en lat. médiév. au sens de « bateau » en 1077 (Vernier, Ch. de Jumièges, I, p. 84, n° 30 ds Nierm. ; [les bacs du moyen âge semblent avoir été plus creux que les modernes; cf. Chr. de Troyes, Op. cit., var. des v. 8368 : si entrent en un bac]), en 1274 au sens de « récipient » (Chart. Hans., I, p. 732, p. 256, 37 ds Mittellat. W. s.v., 1305, 51), serait peut-être d'orig. celt. (FEW t. 1, p. 198b; Sofer, Lateinisches und Romanisches aus den Etymologiae des Isidorus von Sevilla, 1930, p. 165, note 1). L'intermédiaire du néerl. bak (EWFS2 ) pour les sens 1 et 2 ne convient pas, étant donné la plus grande ancienneté du mot fr. (Valkh., p. 51). Seul le sens 2 b peut avoir été directement influencé par le néerl. Il est probable, au contraire que, de même que le b.all. back « plat » et l'angl. mod. back « récipient » et bac « bateau », le néerl. est aux deux sens de « récipient » et de « bateau » empr. au fr. (Valkh. loc. cit. ; De Vries Nederl., s.v. bac ; Kluge20 s.v. Back ; NED, s.v. Bac et back subst. 2); v. aussi bachot.