Argyr(o)- est empr. au gr. ἀργυρο-, ἀργυρ- « d'argent », élément de compos. très productif en grec. Quelques-uns des comp. gr. ont été repris en fr. : argyrospide*, argyrographe « enlumineur qui écrit en lettres d'argent » (attesté) ds L. Radiguer, Maîtres imprimeurs et ouvriers typographes [1470-1903], 1903, p. VI). Cet élément de compos. est répandu en lat. sc. (bot., zool.), dont certains termes ont été empr. par le fr. : argyroéiose (J.-B. Lamarck, Philos. zool., t. 1, 1809, p. 330), < argyreiosus « genre de poisson établi par Lacépède » (selon Baudr. Pêches 1827), argyronète*. C'est en conformité avec cette tradition que les dict. encyclop. du xixe s. font figurer à leur nomenclature des termes de bot. et de zool. où argyr(o)- signifie « qui a la blancheur, l'éclat de l'argent » : argyranthème « qui a des fleurs d'un blanc éclatant », argyrophylle « qui a des feuilles d'un blanc d'argent », argyropyge « qui a l'extrémité de l'abdomen blanc », argyrostome « qui a la bouche d'un blanc d'argent, en parlant d'un turbot », etc. Ces termes ne sont pas attestés dans les textes. Argyr(o)- n'est réellement vivant en fr. qu'à partir de la fin du xixe s. en tant que doublet sav. de argento-.