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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. Ca 1100 « rendre pointu, tranchant » (Rol., 2075 ds Gdf. Compl. : Wigres e darz, museraz aguisiez); d'où début xiie s. fig. (Oxf. Ps., 63, 3 ds T.-L. : il aguiserent [acuerunt] cume espede lur langues);
2.
a) 1167 fig. « rendre plus vif (un sentiment) (Gaut. D'Arras, Ille et Galeron, 3394 ds Gdf. Compl. : Pour plus aguisier cele joie, Amours i met douce ramprosne);
b) av. 1215 « id. (la raison) » (Poème moral, 117a ds T.-L.);
c) xve s. « id. (l'appétit) » (Basselin, Vaudevires, LX ds Littré : Nostre appetit le vin aguise, Et aide à la digestion);
d) xviie s. « id. (une épigramme) » (Boileau, Art. poét., II, ibid. : Et n'allez point toujours d'une pointe frivole, Aiguiser par la queue une épigramme folle). Prob. d'un lat. pop. *acutiare formé sur le part. passé de acuo attesté dep. Plaute. L'évolution phon. peut prob. s'expliquer par *acutiare > *aguydzare > *ayguydzare par anticipation du yod de la 2e syllabe, d'où aiguiser avec palatalisation en [üi] devenu à la fin du XIIe s. [ivi], Fouché t. 2 1969, pp. 434 et 489; dans cette hyp., la forme aiguiser, xiie s., représenterait un développement normal, la forme aguiser serait due à l'influence de agu (aigu*).