Logo Portail
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.— Étymol. Cf. aide2 .
B.— Hist. Les formations du type aide + nom professionnel sont gén. apparues dans la lang. :
— Soit d'emblée sous leur forme définitive aide- (nom de professionnel) (cf. infra aide-major) ;
— Soit sous la forme aide + prép. à ou de + nom de professionnel, avec remplacement ultérieur de la prép. par un trait d'union (cf. infra aide à maçon et aide des Maîtres des ponts et pertuis) 1536 ayde à maçon (Collerye, Epistres, 15 ds Hug. : Povre je suis trop plus qu'ayde à maçon); 1751 aide-maçon (Encyclop. t. 1) 1617 aide d'enseigne, aide-enseigne (D'Aubigné, Les Avantures du Baron de Faeneste, IV, 15, p. 624, ds Œuvres complètes, éd. Réaumur et de Caussade, Paris, 1877 : ... y'estois Aide d'enseigne au régiment de Chappes. (...) Aide-enseigne est un honneste homme, qui aide par begades à pourter lou drapeau) 1671 aide-moy (Duëz, Dict. ital. fr., s.v. agugliotto ds Jal t. 1 1970 : agugliotto, fer dans lequel on met le timon appelé aide-moy) 1680 aide-major (Rich.) 1680 aide à mouleur de bois (ibid); 1751 aide-mouleur (Encyclop. t. 1) 1680 aide de cuisine (Rich.); 1751 aide-de cuisine (Encyclop. t. 1); 1782 aide-cuisine (Mercier, Tableau de Paris, Fr. mod., 23, 302 ds Quem.); 1933 aide-cuisinier (Lar. 20e) 1690 aides des Maitres des ponts et pertuis (Fur.); 1751 aide-maistre de pont (Encyclop. t. 1) 1751 aide-bout-avant (Encyclop. t. 1); 1834 aide-boute-avant (Land. 1834) av. 1774 aide-bourreau (De La Ville ds Lar. 19e : Un aide-bourreau demande à être promu à la dignité de bourreau en titre, en réjouissance de la naissance d'un prince); av. 1870 aides du bourreau (A. Dumas ds Lar. 19e : ces deux hommes, c'étaient les aides du bourreau)
C.— Vitalité. Il ressort des dict. gén. qu'au xixe s. le terme fonctionne véritablement comme élément préf. (aide-) et qu'il est devenu productif : aide sage-femme (Besch. 1845); aide-sage-femme (Lar. 19e) aide-mécanicien, aide-commissaire, aide-médecin, aide-pharmacien, aide-jardinier, aide-lingère, aide-anatomiste (ibid.) aide-canonnier, aide-timonier, aide-voilier, aide-charpentier, aide-gondolier (Nouv. Lar. ill.). Cette productivité se confirme au xxe s. où le terme apparaît dans un grand nombre de formations nouv. (cf. sém.) relatives aux métiers manuels et à des branches très diverses de la grande industrie où il s'utilise au niveau du manœuvre, de l'ouvrier spécialisé ou qualifié.
— Les formations du type aide- (nom de professionnel) sont auj. nettement privilégiées par rapport à celles du type : . Aide à (nom de machine). P. ex. : aide aux mixers, aide aux presses ; . Aide de (subst. indiquant la nature du travail, le lieu de travail ou un service). P. ex. : aide de culture, de bureau, de laboratoire, des postes.
— Aide- ne semble pas vraiment en concurrence avec des termes tels que auxiliaire, adjoint ou assistant. . Auxiliaire est plutôt usité dans l'admin. civile (serv. publ., en partic. just.) ou milit., dans les professions libérales (paramédicales, bancaires, boursières), souvent pour des travaux temporaires ou d'appoint. Auxiliaire peut s'ajouter à aide : auxiliaire aide-anesthésiste (cf. Méd. Biol. t. 1 1970), la 1re présentant un caractère plus mod. . Également utilisé dans l'admin. civile et milit., adjoint est plutôt réservé à des catégories professionnelles supérieures : adjoint au maire, maire-adjoint, directrice adjointe, adjoint à l'Inspection des Finances... Dans le milieu milit., le terme, très usité, s'applique à des officiers, à des pers. ayant rang ou servant en qualité d'officier. . Employé dans le domaine des activités intellectuelles, dans l'Enseign. supérieur, dans les milieux sc., méd., ou pour des activités artistiques (en partic. dans le vocab. du cinéma, cf. Giraud 1956), assistant semble plus noble que aide, adjoint ou auxiliaire.