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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. 1100 trans. « mener à terme » (Roland, éd. Bédier, 3578 : Ceste bataille n'en est mais destornee : Seinz hume mort ne poet estre achevee); apr. 1170 « se terminer », pronom. (Benoit de Sainte Maure, Chron. des Ducs de Norm., éd. C. Fahlin, 6525 : Se il puent, si se desfendent; S'achever puet ci nostre afaire); xiie s. intrans. « être mené à fin, prendre fin » (Vie de Ste Cath. d'Alexandrie, Richel. 23 112, LX, 41 ds Gdf. : La vie d'ome tost achieve) qualifié de vieilli par Littré et DG ; xvie s. loc. fam. pour l'achever de peindre « mettre le comble à son malheur » (Rabelais, Pant., III, 9 ds Littré : Si ma femme se mocquoit de ma calamité, ce seroit pour m'achever de peindre) syntagme qualifié de vieilli par DG ; 1559 emploi abs. « terminer son discours » (Amyot, trad. Plutarque, Œuvres morales, Comment il fault ouïr, IV ds Dict. hist. de la lang. fr. publ. par l'Ac. fr., t. 1, 1865 : Il a patience, neantmoins, et attend jusques à ce que celuy qui parle ait achevé);
2.
a) 1534 « donner le coup de grâce, tuer » (Rabelais, Gargantua, I, 27, ibid. : Adoncques... commençarent esgorgeter et achever ceulx qu'avoit desja meurtris);
b) xvie s. part. passé adj. achevé « accompli, qui a les qualités de son genre » (Marguerite de Valois, Mémoires, année 1577, ibid. : Ce que je recognus en ceste ville [Cambray] d'estime et de remarque, fust la citadelle, des plus belles et des mieux achevées de la chrestienté);
c) 1614 « consommer la ruine de qqn, l'accabler » (Hulsius, Dict. françois-alemand et alemand-françois, d'apr. FEW t. 2, p. 339b). Dér. du syntagme a. fr. a chief (a chief venir de « venir à bout de », xiie s.; traire a chief, intrans. « se terminer » xiie s.; id. trans. « mener à bonne fin, terminer » xiie s.), dés. -er. L'a. fr. eschever xiie s., chever xiiie s., sont des réfections de achever. Malgré l'ancienneté des corresp. rom. (a. esp., 1140, Cid ds Cor. ; a. cat., 2e moitié xiiie s., Llul ds Alc.-Moll ; a. port. xiiie s. ds Mach. t. 1 1967; a. prov., xiie s., Peire Vidal ds Rayn.), le fait que le mot n'est pas autochtone en ital. (ital. accapare « achever », 1531-1601, Caporali ds Batt.) et qu'il n'est pas attesté en roum. rend moins vraisemblable l'hyp. d'un lat. vulg. *accapare, dér. de *capum (lat. *caput ; voir chief, chef*), Brüch ds Z. fr. Spr. Lit. t. 49, 1927, p. 290; Ascoli ds Archivio glottologico italiano, t. 11, p. 427 interprète *accapare comme un reflet d'un gaul. *dopenno, de do-, lat. ad et d'un celt. *quenno « tête, extrémité ».