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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I.— Objet animé.
1. xe s. terme jur. « mettre en cause, porter accusation contre qqn aux fins de condamnation en justice » (sans indication de motif) (Passion, éd. d'Arco Silvio Avalle, 203 : Fortment lo vant il acusand, La soa mort mult demandant; et ibid. 215 : Judeu l'acusent, el se tais);
2. id. avec indication de motif, 1155 (Wace, Brut, partie arthurienne, éd. Arnold et Pelan 2148 : Et an semonant te comande Que tu soies an mi aost A Rome a lui, que qu'il te cost, Aparelliez de fere droit De ce que tu li as toloit Si feras satisfaction De ce que nos t'acuseron).
II.— Objet inanimé.
1. ca 1152 terme jur. « dénoncer, incriminer (un fait répréhensible) pour exciter la réprobation » (Li dialoge Gregoire lo Pape, éd. W. Fœrster, 15, 3 ds T.-L. : n'acusat pas lo visce del pere de l'abie); 1173 « révéler (le corps d'un délit) » id. (Aiol et Mirabel, éd. W. Fœrster, 9 735 ds T.-L. : ilor fu acussés Uns mout tresgrans tressors qu'il quidoient enbler);
2. ca 1205 « signaler (qqc.) dans un esprit hostile » (Guillaume de Palerne, éd. H. Michelant, 1062 : tot ce qui me plaist refusent Et ce que celer voel acusent). Empr. au lat. jur. accusare au sens I 1 dep. Plaute, Asinaria, 491 ds TLL, 350, 21 (cf. Vulg. Marc., XV, 3 : et accusabant eum summi sacerdotes), au sens I 2 dep. Cicéron, Verr., 2, 43, ibid., 351, 10; ces 2 emplois très attestés en lat. médiév. jur. (ds Mittellat. W. s.v.); au sens II 1 dep. Plaute, Epidicus, 549 ds TLL, 353, 36; cf. Sénèque, Controversiae, 2, 6, 5, ibid., 353, 71 : vitia patris; pas d'équivalent ds Mittellat. W. s.v.; II 2 semble un élargissement de sens de II 1; cf. aussi au sens de « signaler » [part. passé] Leges Wisigoth., 4, 5, 6 ds Mittellat. W. s.v. accusatus, adj. : accusatum sibi negotium destitit iudicare iudex.
— Hyp. EWFS2 qui voit en II 2 [xiie] un développement pop. à partir du lat., en I, II 1 [xiiie s.] une réfection de II 2 d'apr. le lat., fait appel à une distinction inutile : I très anciennement attesté, est directement empr. au lat. et non dû à une réfection d'apr. le lat., d'un 1er sens « signaler »; de même II 1; II 2 est une ext. de II 1.