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Voir également: accore, nom masculin 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I.— « étai ».
1. Forme escore, 1382 « pièce de bois servant d'étai à un navire » mar. (Compte des galées de Rouen au XIVe s., éd. Bréard, 67 ds Delboulle, Notes lexic. ds R. Hist. litt. Fr., I, 185 : pieces de bois a fere escores, à escorer ladite barge); devenu terme techn. gén. « étai » en 1593 (1610) (de Lurbe, Statuts de Bordeaux, éd. 1610, ibid. : mettre escorres pour escorrer maisons); 1678 forme écore « étai d'un navire » (Guillet, Les Arts de l'homme d'épée, III : écore);
2. forme accore, 1671 « étai d'un navire » mar. (Seignelay, Mémoires ds Colbert, Lettres et instructions, éd. Clément, III, v. 2, 308 ds Arv. 1963 ds Fr. mod., XXV, 305 : ils ont osté les accores). Empr. au m. néerl. schore « étai », terme mar. (Verdam 1964) [cf. néerl. mod. schoor « étai d'un navire », m. angl. schore, angl. mod. shore « id. » (NED), a. nord. skorða « étai » (de Vries 1962), norv. mod. skorda « id. », m. b. all. schore « id. »,]. Cheminement par les côtes de la Manche et de l'Atlantique. Passage es- > ac- prob. sous influence de verbes reposant sur préf. ad- (p. ex. accoter*).
— Hyp. angl. (H. Saggau, Die Benennungen der Schiffsteile und Schiffsgeräte im Neufranzösischen, Kiel, 1905, p. 20; Bonn. 1920, 1, 52; Mack. t. 1 1939, p. 166; DG) à écarter pour mêmes raisons que pour accore 2; la perman. du liégeois hore (Huy, Namur chore) « grosse perche ferrée dont le batelier se sert pour prendre le large » (Haust 1933, s.v.) rend hyp. du néerl. préférable à celle de l'a. nord. (Falk, Altnord. Seewesen, p. 31; Vidos Tecn. 1965, p. 36; Baist, Seemannsw., p. 258; Valkh. 1931, p. 41).
II.— « rivage escarpé ».
1. Forme escore, écore, 1606 « côte escarpée », mar. (Nicot s.v. : escore f. C'est ce que le Languedoc dit « rive taillade » et le Normand « la coste en pic ou à pic »); 1683 « id. » (Guillet, Les Arts de l'homme d'épée, III : écore);
2. forme accore, 1753 « contour d'un écueil, d'un ban » mar. (Chabert, Voy. dans l'Amer. sept., 38 ds Bonn. 1920 s.v. : les acores de ces bancs sont presque droites). Empr. au m. néerl. schore « rivage escarpé » terme de mar. (Verdam) [cf. m. angl. schore, angl. mod. shore « rivage » (NED), a. h. all. scorro « rocher » (Graff. t. 6 1834-46, p. 539), m. h. all. schor, schorre « haute rive rocheuse » (Lexer), m. b. all. schore « entaille » — i.e. (s)ker- « couper » (Pokorny, 938-9)]. Cheminement probable par côtes de Manche. Traitement initiale es- > é- indiquerait mot ant. à 1re attest. Passage es- é- > ac- p. anal. avec escore « étai de navire » > accore 1.
— Hyp. angl. (DG, Bonn. 1920, 1, 52) improbable du point de vue phonét., m. angl. schore déjà prononcé shore au xve s.; hyp. a. h. all. (Diez5 ) improbable pour l'orig. d'un terme de mar. — Valkh. 1931, p. 41; Baist, Seemannsw., p. 258.
III.— Adj.
1. Forme accore, 1544 « abrupt, escarpé (d'un rivage) » terme de mar. (J. Cartier, Volage ds Michelant et Ramé, Relat. orig. de J. Cartier au Canada en 1534, 17 cité par Arveiller ds Fr. mod., XXV, 305 : trois isles dont y en avoit deux petittes et acorez comme murailles);
2. forme escore, écore
a) 1606 « qui baigne une côte abrupte (en parlant de la mer), d'où profonde (de la mer) » (Nicot s.v. : la mer est escore en telle coste);
b) 1755 « abrupt (d'une côte) » (Encyclop. t. 1, s.v. : auprès des côtes écores et élevées, on trouve... beaucoup de fond). Empr. au néerl. schor « escarpé » terme de mar. [cf. m. angl. shore « abrupt » terme de mar. (NED), fris. de l'ouest skor, fris. du nord schōr, skor « escarpé »; cf. aussi sup. II m. néerl. shore « escarpement d'un écueil »]. Forme accore dès 1544 témoigne d'un empr. antérieur à cette 1re attest. et exclut hyp. de la dér. de cet adj. du subst. accore II, Bl.-W.4 . Forme escore d'abord attestée dans un dict. est en réalité certainement ant. à accore; passage es- > ac- est, malgré l'écart chronol. peut-être dû à l'influence de accore subst. I (1671, transformation de escore).