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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I.— Début xiiie s. « action de faire entrer en ligne de compte la qualité d'une pers. » terme jur. (Les 7 Sages de Rome, éd. P. Paris, 51 ds R. Hist. litt. Fr., I, 184 : Et fist ses barons assambler qui jurerent que loyaulment sans acception ou faveur ilz ayderont a sçavoir la verité de la chose); ca 1350 « action de distinguer (une pers.) » (Gilles Li Muisis, éd. Kervyn de Lettenhove, II, 249 ds T.-L. : acception ne voet dieus de nulle personne); 1541 « action d'admettre par préférence » (Calvin, Inst. chrét., III, XI, 22 ds Hug. : Les fideles sont justes devant Dieu, non point par les œuvres mais par acception gratuite); 1547 de grande acception « de grand prix » (Haudent, Apologues d'Esope, II, 103 ibid. : Je ne te scay (monsieur) ny gré ny grace D'avoir obtins, a la presente place, C'est ascavoir ta benediction Veu qu'el' ne m'est de grand' acception Pourtant que si elle eust vallu de soy Un seul desnier, ne l'eusse eue de toy).
II.—
1. 1532 « action de recevoir (qqc.) » (Lemaire de Belges, Schismes et Conciles, éd. Stecher, 1re part., III, 252 ibid. : Les tresors mobiles, portatifz et transitoires des Empereurs Phelippes et l'acception d'iceux par le Pape Fabian, causerent le premier schisme); 1771 terme méd. « action de recevoir » (Encyclop. ds Trév. : Se dit de tout ce qui est reçu, soit par la peau, soit par le canal alimentaire). — 1842, Ac. Compl. qualifié de peu fréq.;
2. xviie s. « action d'accepter les épreuves », relig. (Bourdaloue, Panég. St Louis ds DG : une acception volontaire et une soumission chrétienne). De là les confusions entre acception et acceptation av. la distinction mod. des 2 mots.
III.— 1694 « sens donné à un mot » gramm. (Ac. 1694 : acception, t. de grammaire, sens dans lequel un mot se prend. Ce mot a plusieurs acceptions ; ce mot dans sa première et plus naturelle acception). Empr. au lat. acceptio, au sens II 1 dep. Cicéron, Top., 37 ds TLL s.v., 282, 44 : ...neque deditionem neque donationem sine acceptione intellegi posse; (cf. av. 821 Theodulf, Carmina, 28, 301 ds Mittellat. W. s.v., 480, 36 : acceptio numeris), terme méd. ive -ve s. Theod. Prisc., Log., 49 ds TLL s.v., 282, 70 : acceptio ellebori; II 2 s'est développé en fr., pas d'équivalent en lat. chrét. — I, « considération de la pers. » à partir de l'époque chrét. : Tertullien, Adv. Marcionem, 4, 35 ds TLL s.v., 282, 83 : ex acceptione personae parcens ei; se développe en lat. jur. (Digeste de Florent, Code théodosien, ibid., 283, 4 sq.; cf. Lex Alaman., 41, 1 ds Mittellat. W. s.v., 80, 47); cf. avec attest. de 1350 et 1536 : I Pierre, I, 17 : Et si patrem invocatis eum, qui sine acceptione personarum judicat = secundum uniuscujusque opus... voir Théol. Cath. s.v. acception de personnes; voir aussi Naz, Dict. dr. canon. s.v. — III développé en lat. médiév. à partir de accipere « intelligere » (dep. Quintillien, Inst., 5, 10, 42 : duplex significatio est temporis : generaliter... et specialiter accipitur, et chez les grammairiens) : 1163-64, Arno Reichersbergensis, Apologeticus, p. 140, 9 ds Mittellat. W. s.v., 80, 24 : vocum acceptio.