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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I.— Acagnarder.
1. av. 1564 trans. « accoutumer à la paresse, à l'inaction » (Calvin, Lettres, 3150 ds Hug. : Il n'y a rien au monde qui acangnarde plus les gens que les jeux, voire jusques à tenir leurs sens captifz, comme une espece de sorcellerie);
2. av. 1564 pronom. « s'accoutumer à la paresse, à l'inaction » (Calvin, Serm. sur le liv. de Job, 20 (XXXIII, 253) ds Hug. : Voila un homme que s'il se vouloit advancer, il est assez sage, mais il est trop nonchalant, il ne demande qu'à s'accaignarder là sans se mettre au hazard).
II.— S'acagnarder pronom. 1592 « s'amollir, s'accoutumer à la paresse, à l'inaction » (Monluc, Comment. L. VI (III, 142) ds Hug. : Ces Gaulois s'estoient tant acanihardis après les femmes et les richesses qu'ilz avoient gaignées, qu'ilz entrarent en peur et n'ausoient sortir de la ville). Sens I : la dér. de acagnarder semble plus vraisemblable à partir de cagnard adj. qu'à partir de cagnard subst. (FEW t. 2, 1, p. 187a), d'une part du point de vue sém. le rapport étant plus immédiat entre les 2 mots, d'autre part du point de vue géogr. acagnarder et cagnard adj. étant tous deux du fr. du nord; cependant en fr. mod. acagnarder reflète à la fois le sémantisme de l'adj. et celui du subst.; préf. a-*, suff. -er*. Sens II : terme dial., attesté pour l'ensemble de l'aire gallo-rom. (FEW t. 2, 1, p. 186b), dér. de cagnard adj.; préf. a-*, suff. -ir*.