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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
Corresp. rom. : ital., esp., port. abusivo; cat. abusiu (fém. -iva); roum. abuziv.
1.
a) 1371 « qui est le fait d'un mauvais usage (d'un inanimé) » terme gramm. (Oresme, Polit., 94 r° [éd. 1489] ds Gdf. Compl. : Faire une comparaison abusive de choses qui ne sont pas comparables);
b) xvie s. « qui constitue un abus (d'un inanimé) » terme jur. (Carloix, V, 32 ibid. : Il rompit et annula cette coustume comme abusive, pleine de larcin);
2. 1541 « qui induit en erreur (d'un inanimé) » Calvin, Inst., 56 ds Littré : Tout ce que les hommes apprennent de Dieu par les images est frivole et mesme abusif); 1547 abusif de « qui trompe au moyen de (d'une pers.) » (Budé, Inst. du prince, éd. Foucher, ch. 36 ds Hug. : Antigonus congnoissant le personnage, ou la maniere de ces philosophes simulés, et abusifz de l'habit et profession). Empr. au lat. abusivus, attesté dep. Cael. Aurel., Acut., praef. 14 ds TLL s.v., 238, 72 au sens 1 a (abusiva appellatione) fréquemment empl. dans cont. gramm. (cf. Pomp., Gramm., V, 155, 20 : haec non est vera comparatio sed abusiva; et aussi Albert le Grand, De causis et proprietatibus elementorum, 1, 1, 1 ds Mittellat. W. s.v., 68, 63 : abusiva comparatio); 1 b en lat. médiév. xie s. Otlohus, Vita Wolfkangi episc., 15 med., ibid. 68, 70 : abusiva potestas. 2 non attesté en lat., issu de abuser* 2. Attest. du dér. abusivement, 1327 révèle existence de abusif antérieurement à 1371. HISTORIQUE
I.— Abusif, « qui constitue un abus », s'est maintenu avec une grande stab. dep. son apparition dans la lang. Attesté comme terme de gramm. au xive s. puis comme terme jur. au xvie s. (cf. étymol.) il conserve ces 2 caractéristiques dans la plupart des dict. et ne semble avoir été empl. de façon plus gén. que dep. la fin du xixe s.
II.—
1. Abusif, « qui abuse, qui trompe », semble avoir connu un emploi plus limité; attesté au xvie s. (cf. étymol.) puis au xviie s. : [Cette] méthode... est abusive, les met en erreur, les abuse. Monet, Invant. des deux lang. (DG). Ce sens est ignoré par les dict. du xviiie s. et du début du xixe s.; au xxe s., DG et Rob. le considèrent comme vieilli.
2. Attest. isolée de l'expr. abusif de au xvie s. (cf. étymol.).