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Voir également: abandonné, abandonnée, nom 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. Emploi absolu
a) d'une pers., 1165 garce abandonee « prostituée » (Chrét. de Troyes, Guill. d'Angleterre, éd. Champion, 1152 ds Cohn, Bemerkungen zu T.-L., ds Arch. St. n. Spr., CXXXIX, 62); ca 1200 « qui agit rapidement » (Ami et Amile, éd. Dembowski, 2952 : Lors ist Amiles trestouz abandonnez Hors de la chambre, en la sale est entrez); 1220-1235 « qui se laisse aller à la dépense » (Lancelot, Richel, 754 ds Gdf. : ... il est si larges et si abandonez... );
b) d'une chose, 4e quart xive s. « inconsidéré » (Froissart, Poés., Espinette amoureuse, éd. Scheler, 3734 ibid. : Par foi ce fu uns grans oultrages Et uns abandonnés ouvrages); 2e moitié xve s. « sans mesure » (O. de la Marche, Mém., II, 1 ibid. : ... grande, large et habandonnee despense de mangiers);
2)
a) abandoné de 1165 « prêt à (+ inf.) » (Chrét. de Troyes, Guill. d'Angleterre, éd. Wilmotte, 672 : Moult estes ore abandonee De mentir, si n'en avés honte); fin xiie s. « qui se livre impétueusement à (qqc.) » (Gar. le Loh., éd. Paris, I, 81 ds Gdf. : Tex se fait ore de guerre abandonné; ca 1200 « disposé à, prêt à (qqc.) » (Jourdain de Blaye, éd. Hofmann, 2239 ds T.-L. : Dou bien servir fui toute abandonnee);
b) abandonné a 1172-1175 « qui se livre entièrement à (qqc.) » (Chrét. de Troyes, Charrette éd., Förster, 3938 ds T.-L. : a joie abandoné); ca 1190 « qui se dévoue à (qqn) » (Renart, XII, 215 ds Til., Lex. Ren. s.v. : Pere nostre, Abandonné a totes genz). Part. passé de abandonner* pris adj.
HIST. — Part. passé empl. comme adj., abandonné suit l'évolution gén. de abandonner. Il a connu de nombreux emplois partic. au Moy. Âge (cf. étymol. et Gdf.) qui pour la plupart ont disparu au xvie s. au plus tard. Noter toutefois l'évolution du mot au sens de « prostituée » apparu au xiie s. (cf. étymol. 1 a). Les dict. du xviiie et du xixe s. connaissent un sens plus gén. « qui est sans frein, qui n'est retenu par aucune loi » : Il faut que vous passiez pour les plus abandonnés calomniateurs qui furent jamais. Pascal, Provinciales, 16, (Littré).
— Empl. comme subst. dès le xviie s., un abandonné désigne « un homme débauché », une abandonnée, « une prostituée » : J'aime fort la beauté qui n'est pas profanée Et ne veux pas brûler pour une abandonnée. Molière, L'Étourdi, III, 3, (Littré).
— Au xviiie s., le subst. est surtout en usage en parlant d'une femme. Ce sens subsiste jusqu'à la fin du xixe s. mais semble actuell. tombé en désuétude. Dep. la fin du xixe s., abandonné est empl. substantivement pour désigner « celui qui se trouve sans secours ». Noter enfin qq. emplois techn. de l'adj., apparus en 1751 ds l'Encyclop. : . Dr., en parlant des biens auxquels le propriétaire a renoncé; subsiste. . Terres abandonnées, terres dont la mer s'est retirée et qu'on peut faire valoir; n'est plus signalé apr. Lar. 19e. . Chasse : « épithète donnée à un chien courant qui prend les devants d'une meute et qui s'abandonne sur la bête quand il la rencontre »; subsiste jusqu'à Quillet 1934.