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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. -ōn est issu de la finale lat. -onem, acc. de subst. fém. en -o, désignant des êtres vivants, parfois des choses, le plus souvent des pers. individualisées par un trait typique donnant lieu à des sobriquets (p. ex. glutonem «glouton», tabellionem «tabellion»), plus rarement des noms d'animaux (pipionem > pigeon), de choses (carbonem > charbon).
2. En lat. existait déjà un suff. -one (capreus > chevron).
3. La valeur augm. de ces subst. en lat. vulg. se retrouve dans les dér. en -on, -one des lang. rom. (p. ex. empr. ital. salone «grande salle», augm. de salon ; esp. doblon «monnaie», augm. de doblo); en fr. la valeur dimin. prévaut, surtout pour des noms d'animaux (ânon) et de choses (caisson), -on prend une valeur péj. pour les noms communs de pers. de sexe fém. (louchon, salisson, souillon) et pour des dér. de verbes (brouillon, fripon, grognon); certains mots fém. sont devenus masc. à cause d'un changement de sens, p.ex. louchon (v. Nyrop t.3, §709).
4. La valeur dimin. est vivace en a. fr. et en m. fr.: bastillon (1474), cabanon (av. 1752); certains mots ont disparu.