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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A. — Le suff. -ëiz, réduit progressivement au monosyllabe -ëiz, -iz, -is, a pour orig. le lat. -ātīciu.
B. —
1. Y. Malkiel (infra bbg., pp. 371-373) montre que la valeur fréquentative des noms d'action en -ëiz est issue directement d'une composante sém. des mots lat. en -ātīciu qui exprimaient, à la différence des part. passés correspondants en -ātus, le résultat permanent ou tout au moins durable d'une action. Les formations ital. en -aticcio, esp. -adezo, port. -adiço confirment l'existence de cette valeur dans le prototype lat. Y. Malkiel souligne cependant toute la part d'innovation de l'a. fr. : les connotations « grotesques » reprises au très anc. -ediz tombé en désuétude lors de l'émergence de -ëiz, l'expression non seulement de la durée, mais de la succession rapide de coups, de bruits saccadés. Le suff. a eu une productivité considérable en a. fr. : acolëiz, baisëiz, chaplëiz, defolëiz, froissëiz, meslëiz, poignëiz, tuëiz.
2. L'orig. du suff. -is dans les dér. à valeur collective sur des bases subst. reste obscure : châssis (ca 1160, chasiz), lattis (xiiie s., latis ds Lar. Lang. fr.), paillis (xiiie s., pailliz, ibid.).
3. Le fr. mod. garde quelques témoins de -is à valeur de part. prés. : vent coulis et subst. fém. coulisse (1165-76, porte de fer coleïces), pont levis (xiie s., pons leveiz).