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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.— Très discutée, l'orig. des suff. en -tt- serait à chercher dans des thèmes en -t- de noms celt. comme Vercingeto-rix, qui, abrégé et affecté d'une gémination hypocoristique, aurait donné *Vercingettos (d'apr. M. Hubschmied in Vox rom., n° 3, 1938, p. 144). Même si le lat. ne possédait pas de suff. en -tt-, la termin. ittu, itta se trouve sur des inscriptions de l'époque impériale, appliquée à des noms de femmes : Gallitta, Julitta.
B.— On s'en est servi en Gaule pour des noms de pers. (Albittus, Bonetta), des noms d'animaux (*capritta, *mulitu), puis pour des obj. inanimés (*navitta).
C.— Les dimin. en -tt- apparaissent en fr. au xiie s. avec la Chanson de Roland. En compar. avec les autres lang. rom., p. ex. l'esp., le nombre des dimin. reste modeste (cf. M.-K. Togeby, Les Diminutifs dans les langues romanes du moyen-âge ds St. neophilol., n° 30, 1958, pp. 192-195). On peut citer cependant : anglet, subst. masc. (xiie -xvie). « Coin » bestelete, subst. fém. (xve). « Petite bête » charet, subst. masc. (xiiie -xve). « Petit char » finet, adj. (xve -xvie). « Fin d'esprit, rusé » islet, ette, subst. (xiie -xvie). « Îlot » lovinet, adj. (xiiie). « De loup » Rem. La finale -ot dans ballot, îlot, pelote vient d'une var. vocalique : -ottum, -ottam pour -ittum, -ittam.
D.— Le xvie s. s'illustre par la création de très nombreux dimin. Ils sont surtout l'œuvre des poètes de la Pléiade qui prétendaient ainsi donner à la lang. fr. une abondance de dimin. comparable à celle dont disposait l'ital. On peut citer p. ex. tirés des Amours de Cassandre (éd. de la Pléiade) : nouvelets, VI, 3; verdelets, VI, 6; jumelets, VI, 7; brunette, XIV, 4. Il faut citer également la célèbre épitaphe : Amelette, Ronsardelette, Mignonnelette, doucelette (ibid., II, p. 637).
E.— Les xviie et xviiie s. ont pris nettement le contre-pied du s. précédent (cf. Encyclop. t. 4 1754, s.v. diminutif, p. ex.).
F.— À propos de la productivité aux xixe et xxe s., F. Lecoy (Romania, 1959, p. 529) note que « la formation diminutive en -et et -ette est moribonde en français ». C'est une opinion qu'il faut rejeter, comme le fait Hasselrot (20e s. 1972), au regard des très nombreuses créations que nous avons pu relever.