A.— Très discutée, l'orig. des suff. en -tt- serait à chercher dans des thèmes en -t- de noms celt. comme Vercingeto-rix, qui, abrégé et affecté d'une gémination hypocoristique, aurait donné *Vercingettos (d'apr. M. Hubschmied in Vox rom., n° 3, 1938, p. 144). Même si le lat. ne possédait pas de suff. en -tt-, la termin. ittu, itta se trouve sur des inscriptions de l'époque impériale, appliquée à des noms de femmes : Gallitta, Julitta.
B.— On s'en est servi en Gaule pour des noms de pers. (Albittus, Bonetta), des noms d'animaux (*capritta, *mulitu), puis pour des obj. inanimés (*navitta).
C.— Les dimin. en -tt- apparaissent en fr. au xiie s. avec la Chanson de Roland. En compar. avec les autres lang. rom., p. ex. l'esp., le nombre des dimin. reste modeste (cf. M.-K. Togeby, Les Diminutifs dans les langues romanes du moyen-âge ds St. neophilol., n° 30, 1958, pp. 192-195). On peut citer cependant : anglet, subst. masc. (xiie -xvie). « Coin » bestelete, subst. fém. (xve). « Petite bête » charet, subst. masc. (xiiie -xve). « Petit char » finet, adj. (xve -xvie). « Fin d'esprit, rusé » islet, ette, subst. (xiie -xvie). « Îlot » lovinet, adj. (xiiie). « De loup » Rem. La finale -ot dans ballot, îlot, pelote vient d'une var. vocalique : -ottum, -ottam pour -ittum, -ittam.
D.— Le xvie s. s'illustre par la création de très nombreux dimin. Ils sont surtout l'œuvre des poètes de la Pléiade qui prétendaient ainsi donner à la lang. fr. une abondance de dimin. comparable à celle dont disposait l'ital. On peut citer p. ex. tirés des Amours de Cassandre (éd. de la Pléiade) : nouvelets, VI, 3; verdelets, VI, 6; jumelets, VI, 7; brunette, XIV, 4. Il faut citer également la célèbre épitaphe : Amelette, Ronsardelette, Mignonnelette, doucelette (ibid., II, p. 637).
E.— Les xviie et xviiie s. ont pris nettement le contre-pied du s. précédent (cf. Encyclop. t. 4 1754, s.v. diminutif, p. ex.).
F.— À propos de la productivité aux xixe et xxe s., F. Lecoy (Romania, 1959, p. 529) note que « la formation diminutive en -et et -ette est moribonde en français ». C'est une opinion qu'il faut rejeter, comme le fait Hasselrot (20e s. 1972), au regard des très nombreuses créations que nous avons pu relever.
B.— On s'en est servi en Gaule pour des noms de pers. (Albittus, Bonetta), des noms d'animaux (*capritta, *mulitu), puis pour des obj. inanimés (*navitta).
C.— Les dimin. en -tt- apparaissent en fr. au xiie s. avec la Chanson de Roland. En compar. avec les autres lang. rom., p. ex. l'esp., le nombre des dimin. reste modeste (cf. M.-K. Togeby, Les Diminutifs dans les langues romanes du moyen-âge ds St. neophilol., n° 30, 1958, pp. 192-195). On peut citer cependant : anglet, subst. masc. (xiie -xvie). « Coin » bestelete, subst. fém. (xve). « Petite bête » charet, subst. masc. (xiiie -xve). « Petit char » finet, adj. (xve -xvie). « Fin d'esprit, rusé » islet, ette, subst. (xiie -xvie). « Îlot » lovinet, adj. (xiiie). « De loup » Rem. La finale -ot dans ballot, îlot, pelote vient d'une var. vocalique : -ottum, -ottam pour -ittum, -ittam.
D.— Le xvie s. s'illustre par la création de très nombreux dimin. Ils sont surtout l'œuvre des poètes de la Pléiade qui prétendaient ainsi donner à la lang. fr. une abondance de dimin. comparable à celle dont disposait l'ital. On peut citer p. ex. tirés des Amours de Cassandre (éd. de la Pléiade) : nouvelets, VI, 3; verdelets, VI, 6; jumelets, VI, 7; brunette, XIV, 4. Il faut citer également la célèbre épitaphe : Amelette, Ronsardelette, Mignonnelette, doucelette (ibid., II, p. 637).
E.— Les xviie et xviiie s. ont pris nettement le contre-pied du s. précédent (cf. Encyclop. t. 4 1754, s.v. diminutif, p. ex.).
F.— À propos de la productivité aux xixe et xxe s., F. Lecoy (Romania, 1959, p. 529) note que « la formation diminutive en -et et -ette est moribonde en français ». C'est une opinion qu'il faut rejeter, comme le fait Hasselrot (20e s. 1972), au regard des très nombreuses créations que nous avons pu relever.