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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
A.— Remonte au suff. nom. lat. -ellus/-ella, qui a servi, dès l'époque class., à former des dér. En lat. pop., le suff. a pris une grande extension, se substituant fréquemment aux suff. -illus et -ulus; les ex. de cette formation sont nombreux : agnus > agnellus > agnel, agneau; barba > *barbellus > barbeau; martus > martulus > *martellus > martel, marteau; paxillus > paissel, paisseau; transtillus > *transtellus > tréteau; fiscus > fiscella > faisselle; margo > *margella > margelle.
B.— En a. fr. on enregistre de nombreuses dér. à valeur gén. dimin., dont un bon nombre sont attestées dès le xiie s. (sous la forme -el, refaite en -eau, par influence anal. des formes du plur.). P. ex. : corp > corbeau (corbiau, xiie ; TLF, s.v. corbeau) flambe > flambeau xive (Bl.-W.5 ) fuerre > fourreau (furrel, 1080; Pt Rob.) *fus > fuseau xiie (ibid.) ham > hameau xiiie (Bl.-W.5 ) huese > houseau xiie (ibid.) mors > morceau (morsel, 1155; Pt Rob.) mus > museau (musel, 1200; ibid.) tor > taureau (toriau, 1177; ibid.) Le suff. -eau a gagné p. anal. certains mots isolés comme berceau, chameau, fronteau, linteau, réseau où il s'est substitué à -él ou -euil (cf. Nyrop t. 3 1936).
C.— Qq. termes ont été empr. au prov. : cadeau, radeau.