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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. -cèle est un élément suff. emprunté au gr. κήλη « bosse » dit pour un buffle, un homme bossu, employé de façon précise par les médecins pour désigner une hernie (Hippocrate). Au xvie s. apparaissent de nombreux empr. : 1538 Canappe : hydrocele [gr. ὑδροκήλη, Galien]; sarcocele [gr. σαρκοκήλη, Galien, Celse]; 1549 Tagault : bubonocele [gr. βουβωνοκήλη, Galien]; cirsocele [gr. κιρσοκήλη, Galien, Celse]; avant 1585 Paré : enterocele [gr. ἐντεροκήλη, Galien, Celse]; enteroepiplocele [gr. ἐντεροεπιπλοκήλη, Galien]; epiplocele [gr. ἐπιπλοκήλη, Galien]; pneumatocele [gr. πνευματοκήλη, Paul Aeginete]. Dans le texte qui suit, où figurent nombre de ces emprunts, hydrophysocele et physocele semblent être des créations de Paré (Œuvres, VIII, 14, Des Tumeurs en particulier, éd. de 1585, p. 312) : « ont baillé vn nom propre, tant selon le lieu où se fait telle tumeur, que selon la chose & substance qui la faict : comme quand la tumeur n'est qu'aux aines, ils ont nommé telle hargne Bubonocele, que nous disons Inguinale, ou Hargne incomplette, à cause qu'elle ne tombe dedans le scrotum ou bourse des testicules. Car lors qu'elle y descend, est complecte : & si c'est l'intestin, se nomme Enterocele, ou intestinale : fi c'est le zirbus, Epiplocele ou Zirbale : si les deux y descendent ensemble, Enteroepiplocele. Si c'est l'eau, Hydrocele ou aqueuse : si du vent, Physocele ou venteuse : & s'il y a du vent & de l'eau ensemble, comme il se fait ordinairement, prendra semblablement le nom des deux, & se nommera Hydrophysocele, c'est à dire, aqueuse & venteuse. S'il y a excroissance de chair en la substance du testicule ou autour d'iceluy, telle hargne se nommera Sarcocele ou charneuse. S'il y a veines grosses dilatees & entortillees, Cirsocele ou variqueuse. Si ce sont humeurs, la tumeur prendra le nom de l'humeur dominant, & sera dite phlegmoneuse, œdemateuse, & ainsi des autres, comme nous auons dit au chap. des Apostemes ». Le 1er terme des emprunts est d'orig. gr. sauf pour ovariocèle et varicocèle dont le 1er terme est d'orig. lat.
2. L'entrée dans les dict. Les dict. de lang. (Fur. 1690, les 3 1res éd. de l'Ac.) ne reconnaissent que hydrocele, subst. fém. En revanche, Corneille 1694 donne cirsocele, subst. fém.; enterocele, subst. fém., avec dans le corps de l'article, mais non en entrée, epiplocele. Fur. 1701, qui est en fait le 1er de la série des Trév., enregistre bubonocele, subst. masc.; cirsocele, subst. masc.; enterocele, subst. fém., enteroepiplocele, subst. fém. mais non epiplocele, sarcocele, subst. masc. Ce n'est qu'avec le Trév. Suppl. 1752 que la liste s'allonge considérablement avec épiplocèle, subst. fém.; hématocèle, subst. fém., hystérocèle, subst. fém.; physocèle, subst. fém.; pneumatocèle, subst. fém.; sarcohydrocèle, subst. fém.; sarcoépiplocèle, subst. fém.; stéatocèle, subst. fém.; caricocèle, subst. masc. La 4e éd. de l'Ac. (1762), dont la préface indique qu'elle est « augmentée d'un très grand nombre de mots qui appartiennent, soit à la langue commune, soit aux arts et aux sciences » prend la totalité des mots des Trév., avec leur genre, à l'exclusion des termes combinant ces composés entre eux.